NÉCESSITÉ ET POSSIBILITÉ D'UNE NOUVELLE RELIGION UNIVERSELLE
La mesure de rérolution religieuse nécessitée par la situation présente se définit-elle par la transfor* mation des éléments donnés ou par une innovation qui consacre la substitution aux idées régnantes de conceptions essentiellement différentes? C'est la question placée au début de nos recherches, et la conclusion des considérations qui précèdent semble être de la résoudre dans le sens de la seconde alternative. Le principe cathpUque qui est le principe d'autorité et le principe protestant de la négation critique de l'autorité ont tiré l'un et l'autre leurs dernièreô conséquences : le premier, dans le christianisme momifié de Tultramontanisme, par le dogme
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NOUVELLE èELlGiÔîi UNIVERSELLE ISl
àê iin'fàiïlibilitè qui est ùh àéîft jètô à tout ce que la t^son eriséigtie, à tout c'è que iô dèvBloppenàéii't de là civilisation a ià\, jprèVàVôir; teSeébna, pair Tétttière dissblùlioû du bhrîstiâhislné poâîtif et par l'alfïadblissement et raffàdissèméhl total dé là religion sous \è nom de laquelle il ti'fekiélè plûfe qu'une ilréligioh Ibùté mohààihe. Q'dàftt aUî Bsaaié dé toncliiàtion èiilre ceà èxtrètûéfe êgaVèttlènt ihaî4cét^t«ibl^^ %è feofti; d'èé 'èlaj^ès qd'é fé Jjiiôtéstàhtïsmé à déjà trâ- Vèfeéôfeètt 1*èsééfidânt sôh ^liàft iftcHhé, et que le Wm de l'évolutfôn hiàtbliqùé ft dé^é^ées^ m «es ïêcommfehûèï èèràit Vdûlblf se pWe^ devaAt tes fùMth de \^vt)mirôtl Ittgiqueitieril MieêàS&ire, ^tor la îretàMèi^, slhbtt là fairô rétt^ogràdelr.
Lldêe fehrétienh^ à ààhëvè sa coùfsè. (Mlê-ti S^èBl diViséé en d^Ui périodes, là ptièmlêVè Séfiàï^tehàiitle fchMianîBnlô pWrtilUf et le «àthbli^fétoe )^%S[VLi \à ftofâisàïl 'àe \à Zi Wrilé % thi^t&mé i^Ms thômaè d'A'qùin, \â 'séfeôhdè le \î:àlh\31fôisftiè k ^ôbn Ûèèlih 'et le prôtèàVàMsitt'e fee Mléuàht à tiès ès^is àe îôïiciliattbh ttlllfes, 6ôUs râ'ô'ôôM'ôns, tiànè fe pratiqï* et pôuï uïi temp^, biais ihà&ôfeplàbtes en pKiicipè et ïi là teïif uè. Là B& l-èsserhblè èVoàftàmïffèht au cômménceinèht, ai ï'bft fe'eft tient âù ôôteftêl^tif, par Vabsence d'uil corps de doctrine Chlrètitôh ; seulement les contenus dont le iféôi¥>ifeftt %e remplit
i32 LA RELIGION t)E L*ÀVENIft
dans les deux Câs sont bien différents : ici la culture moderne, là le judaïsme talmudique d'un Hillel, par exemple. L'ordonnée de la courbe chrétienne est redevenue égale à zéro à la fin comme elle l'était au commencement, mais à cette heure l'abscisse est autre sans comparaison possible. Si le christianisme partage avec d'autres religions la conception pessimiste du monde et le besoin de s'élever par la vérité métaphysique au-dessus de ce monde et de sa misère, Vidée fondamentale spécifiquement chrétienne doit être cherchée dans la foi à un rédempteur qui guérit du sentiment de la coulpe (le mal étant rejeté sur le second plan), et à un médiateur qui opère la réconciliation et l'union avec Dieu ; et qu'est-ce que la foi chrétienne? la foi en Jésus- Christ comme étant ce rédempteur et ce médiateur. Mais si l'on voit dans Jésus de Nazareth le fils légitime du charpentier Joseph et de sa femme Marie, ce Jésus et sa mort peuvent aussi peu racheter mes péchés que le ministre de Bismarck ou le député Lasker par exemple, et il est bien moins apte encore à être le médiateur entre moi et Dieu que ne l'est, par exemple, le confesseur cathoUque dont la prérogative n'est pas une affirmation en l'air, et qui pourtant se réclame au moins du Fils de Dieu et des saints. Ainsi donc l'idée qui est à la base du chris-
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NOUVELLE RELIGION UNIVERSELLE i33
tianisme est devenue caduque en face de la culture moderne. Il est possible que, dans le cadre d'un système religieux reposant sur un principe nouveau, ce qui reste du christianisme ait des titres à invoquer pour se faire reconnaître une signification secondaire et auxiliaire qu'on ne saurait déprécier ; mais cet élément est insuffisant en lui-même pour satisfaire le besoin religieux, surtout si l'on reste fermé à la présupposition indispensable de toute religiosité, le pessimisme du christianisme positif. Mais lors même que Ton conserverait ce facteur, ou plutôt qu'on le rétablirait à rencontre de l'optimisme du protestantisme qui trouve le monde à souhait et s'applaudit de l'existence, ce qu'on aurait ne serait toujours que le fondement, indispensable sans doute, du nouvel édifice religieux, et rien de plus ; on posséderait une conception du monde impliquant une âme disposée de telle façon que la religion lui soit un impérieux besoin, on la posséderait dans le même sens que le Bouddha, Jésus, saint Paul, saint François, Savonarole, et d'autres. Font possédée, et l'on resterait en présence de la question de savoir quel nouvel édifice religieux satisferait à la fois le besoin religieux qui naît de cette disposition et de la culture moderne.
Tout essai de réponse directe à cette question im-
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pliquèrait àés préteûtioûs *âû rôlô dé foûdàteut d^uhe nouvelle religion. Une telle prélenliôn tf est pas seulement loin dé itiôi pour des raisons ï)ersonhelles, mais elle est exclue déjà par la conviction objècUve que la science par sa nature même et ses représentants ne sont absolument pas qualiâés pour avoir une action immédiate sur rétablissement de religions nouvelles. Historiquement, c*est une vérité démontrée et elle apparaît aussi comme une conséquence des rapports de la religion et d^ la science dont il a été question plus haut Chapitre ÏIÏ.). Chez les fondateurs de religions ce n^est jamaià à la science que sont dus les succès populaires grands et décisifs, mais au don de présenter d^unè manière intuitive et imagée des idées ï'eligieuses qui soient en harmonie avec l'époque, puis k Tauloritè de la personnalité qui les représente. Mais d'autre part ces hommes ne tirent pas d'^eux-mèmes ces idées qui sont des étincelles, ils les puisent dans le trèsof spirituel que constituent pour chaque époque les croyances populaires et la science. Parmi ces idées qui peuvent n'être venues à leur connaissance que sous une forme très-imparfaitô , ils en découvrent qui s'emparent avec puissance de leur sentiment re^ hgieux, et en leà communiquant dans un cercle étendu^ ils font l'expérience de l'enthousiasme qui
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