NOUVELLE RELIGION UNIVERSELLE
constainment en s' affaiblissant. Toutefois, en premier lieu, on confond ici un fait momentané avec une tendance évolutive capable de durer, et ensuite à cette tendance^ qui est réelle en un sens, on donne une interprétation erronée en ce qui concerne son contre-coup sur la religiosité et sur le sentiment en général. Il est bien vrai que Tintelligence réfléchie est ce dont il est question en première ligne dans les progrès de l'humanité ; mais à la longue chaque acquisition de l'intelligence exerce sur la sphère du sentiment une action qui l'enrichit et qui le raffine, et la lutte de Tintelligence contre le sentiment est toujours dirigée exclusivement contre le point de vue du sentiment légué par une phase antérieure de développement intellectuel ; il n^ est pas question du point de vue répondant à la nouvelle phase de l'intelligence, lequel ne peut se former que graduellement après la destruction partielle de l'ancien. Que le développement intellectuel s'avance par une impulsion énergique et constante, qui le nierait? et il est pareillement certain qu'une nouvelle religion doit tenir compte de la raison par principe, chose que les anciennes n'avaient besoin de faire que comme tâche accessoire. Mais s'ensuitil de là que le besoin religieux doive s'effacer pour une longue période et toujours davantage? Non, du
yGoogk
438 M ÎIEUGION DE l'avenir
Uiojn^ tant qxxp \p peuple ponfime tel ne sera pî|^ iipbu (Je P$i0np§ abstrMt§ 8^ sens §tript, e^ Von lie doit pas s^ttendFp à ce que p^ soit jftmai§ le pfts. A^ aontraire, la çonçeptiQn pessirpjste çlu monde daT)§ laquelle le besoin reUgieux répare jourijelleinent ses forces, ne cessera 4e se fprtifier et 4e s'étepdre, attendu que plus rhuinaTUtéyoitse multiplier Ipsipoyens dont elle dispose pour se fendre Vexistepçe agréablp, plus ell0 se cony^ipp de rimpossibilU^ (Ic^ sprmonter de aette mwi*Fe l>pgpisse 4e I^ vjp et d>tte}|;}dre au bonheur ou même seulement ^u cpptei)tement. Une période ^scensipunelle d^s^ Pîïoses ftgfi^aine^ peut ôtFO optimiste t^ut qu'elle ga^d^ l'psPQÎP 4e trouver Ip l3onheur a^ tepmp pt d'en joijir j mai§ à Vip^nt où le tmt pst p-ttpiut, Ip pepplp qui y tepd^lj; s>perr cojt qu'U n'a pas progressé 4ftU8 Ip bonl^epr, mais seulemeut accru les besoins qui Ip pngent pt le tourmentent. Aussi l'optimisme p'est-il jaipsi^m'ip interrnédp chex les i^atip^s qui sp trouvpi^t au ]#lieu môme de Tpssor inondiain, rpaip le ppssiivmiP^ pst la disposition foncière 4e Thumanité qui se cpijr naît, et chaque fois que se clôt unp époque d'essor mondain, il sp fait jour ^vec une énergie redoublée. Attendons-npus donc ^ yoir l'aspiration de rbpmiqe à surmonter 1^ uifsèrp de ce monde, qu^pd ce nie serait que p^r Fidée pt dans la §p^p de fa coi|-
yGoogk
NOUVELLE RELiqiON UNIVERSELLE 4§9
science, se faire sentir avec une intensité toujours plus marquée à l'issue des périodes où le îiflpndQ ^ pour ainsi dire, oélé))rô ses triomphes ot où les iqtéréts terrestres ont tout absorbé, et la question ror ligieuse devenir la plus l)rûlante de toutes quan4 Vhumanité fiura atteint tout pe qu'elle peut attein^rp en fait de civilisation ^qr la terre, et embrassera d'un coup 4'œil toute U misère lamentable de pette situation.
En même temps que la science entreprend b^ tant que science le travail préparatoire aux constructions qu'habitera H religion de l'avenir, op np ne pourra la hlâmer d'examiner les élément^ d^ s^ fo)rtane actuelle, et de se demander quelles idées auraient des chances de prendre à l'avenir la place des idées chrétiennes et de se fondre avec les ^est^s de celles-ci qui ne sont pas condamnés à dlspar raître. On ne saurait se dissimuler tQut^fois q^^ la valeur de cette orientation est limitée par Fétat ac^ tuel des connaissances, h^, meilleure entrée en m^r tière sera un coup d'œil général jeté sur les religions principales aux fins de dégager leur signification historique, et cette considération aura pour effet de démontrer une thèse qui d'ailleurs cpprespon^ à Tétat actuel des rapports et des échanges entrp les nations du globe, c'est que h reUgipn 40 l'a-
yGoogk
venir , pour pouvoir devenir religion universelle , doit représenter la syntlièse de l'évolution religieuse de rOrient et de celle de TOccident, de révolution panthéiste et de l'évolution monothéiste; à cette condition, et non autrement, elle pourra tenir compte à la fois des besoins religieux et des besoins inteK lectuels de l'époque moderne.
La rapide esquisse qui va suivre témoignera de ce que la science a pu trouver dans toute sa richesse actuelle en fait de matériaux qui puissent servir aux fins de la religion. Cet essai n'élève nullement la prétention de prescrire à la religion de Tavenir les voies qu'elle doit suivre, mais au moins s'efforce-til de rompre avec l'opinion antiphilosophique qui maintient le dualisme des chrétiens et des païens, et, dans un cosmopolitisme exempt de préjugés, d'accorder leurs droits respectifs aux civilisations que rien en apparence ne relie et ne met en rapport : la civilisation hindoue et la civilisation des contrées qui entourent la Méditerranée, enfin d'ouvrir la perspective de la rencontre future de ces grands courants religieux, venant couler désormais dans un seul lit. Ce n'est qu'ainsi que l'histoire universelle prend un sens, bien qu'on n'entende d'ordinaire sous ce nom que l'histoire de la moitié occidentale de l'ancien monde en laissant de côté la civilisation
yGoogk