‹ La religion de l'avenirChapitre 9 sur 53 · Comp. F.-A. MûUer, ouvr. cité, p. 38 et suiv · texte numérisé non relu

Comp. F.-A. MûUer, ouvr. cité, p. 38 et suiv

Jésus rester sans réalisation, qu'on trouva Fexpédient des interprétations idéales. Mais les adhérents de la doctrine primitive de Jésus qui se prétendent en règle avec la critique historique, ont-ils le droit, eux aussi, de recourir à ces interprétations"? Si cependant ils le font en ayant conscience de faire violence à l'histoire par Tallégorie, que si* gnifie leur appel àrautorité derÉvangilede Jésus ? Et en thèse générale, pourquoi donc un tel détour également inutile et également choquant au point de vue historique et au point de vue philosophique? Pour* quoi ne pas dire d'emblée où Ton veut en venir? Saint Paul souda l'idée messianique de son peuple avec sa propre idée du rédempteur : c'était hardi, arbitraire, faux au regard de l'histoire et au regard de la critique; pourtant c'était possible. Mais ôtez à Jésus sa qualité de médiateur divin et de Sauveur qui rachète les péchés, où trouver une interprétation de la foi qu'avait Jésus en lui-même comme étant le Messie des Juifs, telle qu'il sorte un sens admissible quelconque de cette foi, qui serait le sens auquel nous l'acceptons "? Une curiosité historique, voilà tout ce qu'est encore pour nous la croyance messianique juive; par conséquent il est insensé de supposer que nous puissions croire en Christ dans le sens où il a cru en lui-même.

Ayant iiinsi élagué da christianisme de Jésas-| Christ les deux éléments par lesquels il croyait; accomplir la religion juive dans les promesses dont la nation y était Tobjet, nous devons, pour trouver d'autres particularités distinctives de Jésus, porter d'abord nos regards sur la conception du monde qu'il tirait de sa croyance à la fin prochaine de toutes choses. C'est le mépris de l'État, de l'administration de la justice, de la famille, du travail et de la propriété, bref de tous les biens de la terre et de tous les moyens qui servent à faire régner l'ordre dans le monde et à rendre cet ordre stable ^ Ces conséquences découlent tout naturellement de la croyance à la fin prochaine du monde ; aussi l'on est déjà surpris comme d'une sorte d'inconséquence lorsque occasionnellement Jésus condescend (ce que Schopenhauer fait pareillement) à entrer dahs rhorizon visuel de ceux qui ne pouraient s'élever à sa vue ascétique des choses, et à leur donner des préceptes moraux pour le point de vue inférieur ob la volonté se réalise et se satisfait dans le siècle. Mais comme ces conséquences de r Évangile a primitif » sont aux antipodes des aspirations de la culture moderne, elles sont dissimulées

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