‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 111 sur 220 · Mariette, Lia papyrtu ëgyplientdu musée de Boti/aç, LI · texte numérisé non relu

Mariette, Lia papyrtu ëgyplientdu musée de Boti/aç, LI

pi. n, n° vi, lit;. l-l*i.

<( Qu'on appelle de ma part, dit-il, des messagers agiles, rapides qui filent comme le vent ». Lorsque les messagers furent en sa présence, il dit : « Qu'on coure à Élephantine et qu'on m'apporte des mandragores en quantité * ». Quand on lui eût apporté les mandragores, les servantes les écrasèrent, les mélangèrent avec le sang des hommes, victimes du massacre, et l'on fit, de cette composition, sept mille cruches de bière. Râ examina la boisson et dit : « C'est bien, avec cela je sauverai les hommes de la déesse», puis il dit à ceux de sa suite : « Chargez vos bras de ces cruches et portez-les au lieu où elle a sabré les hommes ». L'ordre fut exécuté, et on arrosa les champs avec ce breuvage. La déesse vint le matin pour recommencer le massacre ; mais « elle trouva tout inondé et son visage s'adoucit ; quand elle eut bu, son cœur s'adoucit aussi ; elle s'en alla ivre sans plus songer aux hommes ». Il était à craindre que sa férocité ne se ravivât lorsque son ivresse se serait dissipée. Râ prévint cette éventualité. Il décréta « qu'on lui brasserait au jour de l'an autant de cruches de ce philtre qu'il y avait de prêtresses du soleil. Ce fut là l'origine de ces cruches de philtre que tous les hommes fabriquent en nombre égal à celui des prêtresses lors de la fête d'Hâthor, depuis ce premier jour » 2.

1. « Les mandragores d'Élephanline servaient à fabriquer une boisson enivrante et soporifique qu'on employait en médecine ».

Maspero, Histoire, t. I, p. 166, n. 1).

2. Naville, La destruction des hommes par les dieux, t. IV, pi. i-ii, Iig. 1-27; t. vin, pi. î-n, lig. 1-34.

cil. VI. — LES DIEUX DE LA THEOLOGIE 189

Le cœur de Râ D'en ;iv;iil pas moins reçu une profonde blessure. Aussi la lassitudes'empara-t-elle du dieu, qui résolut de quitter les hommes. 11 dit à son entourage : « Par ma vie, mon cœuresl trop las pour que je reste avec les hommes el que je les sabre jusqu'au néanl ; annihiler n'est pas des dons que j'aime l'aire ». Etonnés, les dieux de son escorte s'écrient : « Ne souffle mot de 1rs lassitudes au moment où tu remportes la victoire à ton gré - '. Mais Râ ne cède pas à leurs conseils ; se tournant vers Nou, il dit : « Mes membres sonl décrépits pour la première fois, je ne veux pas aller à un eudroit où l'on puisse m'atteindre ». Un mythe, <>ù l'on entrevoit la scène de la création, intervient ici. Nou dit : « Fils Shou, agis pour ton père Râ selon ses commandements, et toi, fille Nouît, place-le sur ton dos et tiens-le suspendu au-dessus de la tern Nouit répondit : « Comment cela, mou père Nou?» dépendant Nouit se changea en vache el plaça Râ sur son dos. Ceux des hommes, qui avaient échappé au massacre, étant venus pour rendre grâces à Râ, le trouvèrent sur h; dos «le la vache. Sachant qu'il était résolu à s'en aller, ils lui dirent : - Attends jusqu'à demain, ô I»à, notre maître, el nous abattrons les ennemis, qui oui tenu «les propos «nuire

toi ». Râ revint pour un moment à sonchftteau, les ténèbres couvrirent aussitôt la terre. Lorsque 1 aul>e revint, les hommes sortirent avec leurs arcs, et ti-

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