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Nobsou possédait trois de ces talismans, une des larmes du Soleil, l'urœus vivante, qui détruit tout par son haleine, une des boucles des cheveux du Soleil, laquelle, jetée dans les eaux, se changeait en crocodile à tête d'épervier. On se risquait beaucoup à manier ces talismans ; les dieux eux-mêmes n'y touchaient qu'avec de grands dangers et en prenant les plus minutieuses précautions. Lorsque Sibou, après le retour de Râ au ciel, eut pris possession du pouvoir, il fît ouvrir la boîte qui conservait l'urœus de Râ. Surprise et effarement : « Dès que la vipère vivante eût soufflé son haleine contre la Majesté de Sibou, ce fut un grand désastre, un grand, car les suivants du dieu succombèrent, et sa Majesté elle-même fut brûlée en ce jour. Quand sa Majesté eut couru au nord d'Aît- Nobsou, poursuivie par le feu de cette urœus magique, voici qu'en arrivant aux prés du hennèh, comme sa brûlure n'était pas encore calmée, les dieux qui étaient derrière lui dirent : « 0 sire, qu'on prenne cette mèche de Râ qui est là, quand ta majesté ira la voir elle et son mystère, et sa Majesté sera guérie dés qu'on l'aura posée sur toi ». La majesté de Sibou se fit donc apporter cette mèche à Piarît — cette mèche pour laquelle on a fabriqué ce grand reliquaire en pierre véritable, qui est caché au lieu secret de Piarît, dans le canton de la mèche divine du seigneur Râ, — et, voici, ce feu s'en alla des membres de la majesté de Sibou. Et, beaucoup d'années après cela, quand on
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reporla cette mèche, qui avait appartenu de la sorte au dieu Sibou, à Piarîi dans Aît-Nobsou, el qu'on la jeta dans le grand lac de Piarît, donl le nom est Ail-losiesou, la demeure des vagues, afin de la purifier, voici que cette mèche <l<-\ inl un ci ocodile : elle s'envola à l'eau et devin I Sobkou, le crocodile divin d'Aît-Nobsou » '. Il n'es! pas difficile de reconnaître -dans xes légendes le produil (Tuno piété aveugle ou même des ambitions sacerdotales. Chaque collège sacerdotal avait un intérél de premier ordre à accroître le prestige de son sanctuaire, et quel meilleur moyen pour cela que de lui donner une antiquité fabuleuse, de le faire remonter à la création elle-même? De ces prétentions il nous reste d'ailleurs des traces dans les textes. C'est ainsi que Dendérah, ville sainte, avait été fondée au temps des serviteurs (THorus -. I In cherchait dans le passé une gloire impérissable el l'on se plaisait à se rattacher aux dynasties di\ ines.