Maspero, Etudes de Mythologie, t. I, p. si ftl Buiva
dès lors le culte et les honneurs réservés aux dieux.
Le culte rendu au Pharaon vivant s'accuse, avec plus de certitude, dans les temps anciens. Les rois se font construire des temples de leur vivant. Nous avons surtout deux exemples de ce fait. Ousirtesen III, le conquérant de la Nubie (xnc dynastie) introduisit l'usage d'imposer le culte du Pharaon aux Barbares ; Aménophès III marcha sur ses traces et construisit à Soleb en Nubie un temple pour luimême et à Sedeinga un autre pour la reine *. On a pu se demander si le culte pharaonique avait. existé dans les derniers temps de l'histoire d'Egypte ; mais la chose ne semble pas douteuse. Les faits sont trop nombreux pour qu'il soit permis d'avoir des doutes sérieux sur ce point.
M. A. Moret a résumé sa thèse en ces termes : « Telle est la conception religieuse que les Egyptiens s'étaient faite de la royauté. Elle se résume en ce fait que le roi est le fils des dieux : de là découlent les obligations du culte divin et les honneurs sacrés que le roi réclame comme prêtre des dieux. Mais, comme les morts en Egypte, reçoivent le même culte filial que les dieux, Pharaon devient le « Fils » par excellence dans la société égyptienne et le prêtre commun des morts et des dieux, non pas seulement dans le cercle étroit de la famille royale, mais « au nom de tous les êtres vivants » . De là entre les mains du roi la concentration d'un pouvoir reli-
1. A Moret, Du caractère religieux de la royauté pharaonique, Paris, 1902 ; chap. vii-viii.
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gieux, de là aussi une vénération de la personne
royale comme il n'y en eut, sans doute jamais chez aucun autre peuple » '.
1. Du caractère religieux de la royauté pharaonique, p. 31 I.
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