‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 15 sur 220 · Maspero, Histoire, i. I, p. io · texte numérisé non relu

Maspero, Histoire, i. I, p. io

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pèces. Un certain nombre de ces espèces sont môme de provenance étrangère et ne sont, devenues égyptiennes que par acclimation. Quelques-unei proviennent du fond de l'Afrique, apportées par le fleuve. L'Asie a fourni au sol de l'Egypte le froment, l'orge, l'olivier, l'amandier, le pommier et bien d'autres espèces, qui y prospèrent aujourd'hui. Le papyrus et le lolus rose, bleu et blanc, qui ont laissé tant de souvenirs dans les inscriptions hiéroglyphiques, ont presque complètement disparu. Au contraire, le sycomore et le dattier, tirés du centre de l'Afrique, y sont encore florissants. Le sycomore, nouhît, noahe, pousse indifféremment un peu partout. Les dattiers, haonnîl, baounirît, sont encore plus fréquents que les sycomores ; on les aperçoit un peu de tous côtés. Plus nombreux encore sont les palmiers. Le tamarisque, asari, asrii le nabéca, noubsou, le moringa, bâkou, le caroubier, (loiiniuujd, tenrakcLj plusieurs variétés d'acacias et de mimosa : le sont, shondefu, shonti, Thabbas, l'acacia blanchâtre, F acacia farnesiana, ef le grenadier, anhrama, anàramon, se mulliplienl à mesure qu'on s'éloigne de la Méditerranée ri qu'on remonte vers le nord. L'acacia séyyal, probablement âshoa, n'existe plus guère que dans certaines par Mes du désert Tfoébain. Le doum, manu*, ri dont le fruit s'appelle (/oiu/on, se fait de plus en plus i-are, dans la riante-Egypte. A leur lour les saules,/^//*//, lore, diminuent chaque jour d<4 nombre, et le perséa, shaouaba^ jadis arbre sacré des

Égyptiens, s'est réfugié dans quelques jardins. La faune est aussi en rapport avec la situation géographique du pays. L'Egypte se trouve entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe. C'est donc un lieu de transit entre les trois grands continents du monde antique. Les contrées environnantes lui ont fourni toutes ses espèces animales. Le cheval et le chameau sont d'acclimatation relativement récente, à partir du xvine ou du xxe siècle avant notre ère. Le bœuf, la chèvre, le chien et l'âne viennent de l'Afrique. Le sanglier et le porc, le hérisson, le lièvre, l'ichneumon, khatouroa, khaloul, shatoul, la gazelle, l'antilope se rencontrent en Asie aussi bien qu'en Afrique. En revanche l'ordre des ophidiens, très nombreux en Egypte, y est indigène. On y trouve la couleuvre et d'autres types venimeux : le céraste, l'aspic, la scytale, la vipère hajé. L'aspic, appelé dans les textes aourâit, ouraît, d'où nous avons fait tant bien que mal « uraeus », était adoré des Egyptiens1. Sa longueur est quelquefois de deux mètres et sa morsure est mortelle. Pour le bonheur des habitants, il ne vit que dans les déserts et dans les champs. Le scorpion au contraire se répand partout ; s'il n'est pas aussi dangereux que l'uraeus, il n'est pas, non plus, inoffensif. L'éléphant, la girafe et l'hippopotame, jadis assez répandus, ne se voient plus aujourd'hui que dans la zone méridionale. L'hippopotame a disparu

1. Connu des grecs sous la transcription: Oùpaïoç. (Horapol- Hieroglyph. I, S 1, edit. Leemans, p. 2).

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depuis longtemps. Le crocodile, animal sacré, s'est retiré de plus en plus vers le nord. Les oiseaux abondent en Egypte, presque toutes nos espèces européennes s'y rencontrent : la pie, la tourterelle, le moineau, la perdrix. L'ibis mérite une mention particulière, parée qu'il élait autrefois en grande vénération. La partie montagneuse du pays esl fréquentée par le faucon, le milan, le vautour, l'aigle, l'épervier doré. Qu'on ajoute une quantité innombrable de poissons, et l'on aura une énumération en gros de la faune égyptienne.

Ces détails ont une double utilité. Ils nous donnent en premier lieu une impression du milieu, dans lequel est née et a prospéré la religion que nous allons étudier dans ce volume. Ils rentrent en second lieu directement dans notre cadre, car quelques-uns de ces animaux et de ees plantes ont mérité les honneurs divins.

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