LE NIL
Le Nil, avons-nous dit, est le roi du pays. L'Egypte et tout ce; qu'elle contient en dépendent el en vivent, 11 esl donc indispensable, pour compléter l'élude du milieu et pour préluder aux hautes destinées du fleuve, de consacrer un moment d'attention au Nil.
Le Nil remplit une grande partie de la littérature hiéroglyphique el hiératique. Nous ne pouvons viser qu'à résumer. Les textes le nommenl la
«grande Rivière», lai&ur-âoa, laour-âou. Ptolémée, le géographe, en a donné une traduction littérale : o. fiéyaç itoTa^ç *. Suivons le Nil en remontant son courant, et recueillons les légendes qui circulaient à sou sujet. La tradition hellénique nous avait habitués à parler des sept branches du Nil, qui se forment à son embouchure. C'étaient les branches principales. 11 y en avait d'autres plus petites, mais l<is géographes alexandrins les appelaient « fausses I touches » -. Pline nous a aussi conservé ce souvenir ; il nous parle de douze bouches et de quatre autres, appelées « fausses bouches » 3. L'exploration des savants n'a découvert en réalité que trois branches: l'a Canopique, la Pélusiaque et la Sébennytique. Dans une grande partie de son parcours, le Nil dépose sur la plaine, de chaque côté de ses rives, du limon, qui est un élément de fertilité. A mesure que l'on remonte vers la Nubie, le lit du Nil se rétrécit et s'encaisse entre des collines d'une hauteur variable. Un peu plus haut, il roule ses eaux rapides sur cinq bancs de granit qu'on nomme vulgairement les « cataractes ». Il serait superflu d'entrer dans la description de ces cataractes. Qu'il
1. Le mol égyptien « devient en copte Iar-o, Ial-o... Le mot Phiala, par lequel limée le mathématicien désignait les sources du Nil (Pline, Hist.N., v, 9 ; cf. Solin, Polyhistn ch. xxxv), n'est que ce nom lalo précédé de l'article masculin phi. ph ». (Mas- PBBO, Histoire, t. I, p. 6> n. 4). Quant au mot « Nil », il vient probablemenl de l'hébreu nakal, « rivière ». —■:■ j y- v. (Strabon, XVI, 788, 801).
Eut. naf. v, 10.
en. i. — l'égypte 1 1
suffise de rappeler que la première*, longue dte 10 kilomètres, va de Pile de Phiïae an porl (PAssouâïr, et que la seconde, au sud de FOuady-Haîfah, a une étendue de 4 lieues. A Khartoum, le Nil se dédouble et donne naissance à deux fleuves : le Nil bï'eu H le Nil blanc. Pour les Egyptiens, ces deux fleuves se confondaient dans une vague impression de grandeur et de mystère. Ils n'essayèrent jamais d'éclaircrr ce phénomène, dont ils ne comprenaient ni la signification, ni la portée. Le Nil leur apparaissait comme une vaste nappe d'eau, sans contours bien arrêtés. Aussi l'appelaient-ils la « mer », iaoumû, itfrhâ.
Ils n'avaient aucune idée de ses sources et de son parcours terrestre|Le Nil jouait pour eux un rôle considérable dans l'évolution cosmique et les phénomènes astronomiques. Pour mieux comprendre le rôle du fleuve dans les mouvements des astres et des systèmes cosmiques, il convient d'exposer l'idée que les Égyptiens se faisaient de l'univers, de résumer leur Cosmographie. L'univers avait pour eux la forme d'une caisse à peu près rectangulaire, dont la terre fermait le fond. L'Egypte occupait le milieu de la ferre : « La terre <\*'* Egyptiens est au milieu (le l'univers » ■ . « La région sacrée de nos ancêtres es! au milieu de la terre Semblable à un plafond de fer ou à une voûte, le ciel surplombait la terre. Les étoiles étaient susr