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pensée s'efforce de résoudre l'énigme de la créai ion,
et dans cet effort constant, elle s'approche de plus en j)lns du terme définitif, que seule la religion juive a pu atteindre. L'apparition de ces cosmogonîè§—est une des plus saisissantes applications de la loi d'évolution^
Si nous descendons à la couche inférieure de l'évolution cosmogonique, nous rencontrons les conceptions les plus imparfaites el les plus matérielles. C'est l'anthropomorphisme dans toute sa nudité. Les dieux soûl de véritables ouvriers humains. Plitah modèle de ses propres mains l'humanité, Khnoumou la façonne de ses mains sur le tour à potier. Ces conceptions sonl évidemmenl eu parfait accord avec le premier éveil de la raison, lorsque 1 nomme ne peut pas encore s'élever audessus des sens. A ce moment, il matérialise tout, même les opérations les plus abstraites el les plus transcendantes, si toutefois il est en étal de se les représenter. L'esprit humain ne procède alors que par analogie. Il conçoit ce qu'il ne voit pas sur le type de ce qu'il voit, ce qu'il ne senl pas sur le l\ pe de ce qu'il seul. Les dieux agissent comme les hommes, parlent comme les hommes, se comportent comme les hommes. Les hommes travaillent ; les dieux doivent aussi travailler. Les hommes opèrenl de leurs propres mains ; les dieux aussi. I ! esl procédé essentiellement analogique et assimilateur, qu'il faul attribuer l'élaboration des premières conceptions théologiques «le l'espril hum. nu.
Or que voyaient les Egyptiens? Ils voyaient des ouvriers façonner chaque jour des œuvres sur le métier. Ils assistaient à l'exécution de ces statues qui attirent encore aujourd'hui notre admiration. On façonnait non seulement les statues des hommes, mais aussi celles des dieux. Ils durent naturellement conclure que les dieux s'y étaient pris delà même manière, qu'ils avaient produit des œuvres analogues. Et comme l'origine de l'humanité est un problème qui, à vrai dire, s'est toujours posé à l'esprit humain, on peut présumer qu'ils furent portes à donner, avant tout, l'homme lui-même pour matière à l'activité divine. On entrevoit dès lors la conclusion. Les dieux avaient façonné l'humanité tout comme les hommes faisaient des statues. On transporta donc dans le monde divin les procédés humains. C'était l'aboutissant inévitable du premier travail de la raison.
La cosmogonie anthropomorphique se rattache aux plus anciennes traditions. Les savants n'en peuvent assigner ni la date ni le lieu d'origine. Les textes populaires ne la situent ni dans le temps ni dans l'espace. Nous avons affaire à des croyances, populaires qui relèvent plutôt de la psychologie et de l'ethnographie que de l'histoire. D'autre part on remarque que Tanthropogénie biblique de la Genèse est identique à celle des traditions populaires de l'Egypte. D'un côté comme de l'autre, Dieu fait l'homme de ses propres mains du limon de la terre. Est-ce une pure coïncidence ? 11 est difficile de le