En voir le dessin dans Maspero, Histoire, 1. 1, p
2. « Sibou et Nouît, appartenant au vieux fonds commun des religions égyptiennes, surtout dans le Delta, devaient être connus à Sébennytos comme dans les cités voisines. Il est difficile de décider en l'état de nos connaissances si leur séparation par Shou est une conception des théologiens locaux ou une invention des prêtres d'IIéliopolis, lors de la constitution de la Grande Ennéade ». (Maspero, Histoire, t. I, p. 128, n. 3).
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commence par créer le ciel et la terre. L'aspect singulier de cette cosmogonie des cités orientales du Délia c'est que le ciel Nouît) esl la femelle, el la lerre(Sibou) le mâle. Comment expliquer cette étrange conce[)tion? En général, on regarde le ciel comme plus parfait «pu- la terre; que dans l'opération sexuelle le ciel repose sur la terre, on le comprend, eu égard à la cosmographie des anciens : ils concevaient le ciel comme une calotte ou une voûte surplombant la terre. Mais pourquoi le ciel est-il l'être femelle? Les étoiles, dont il est chargé, étaientelles pour l<\s habitants du Delta un cas de fécondité? S'il en était ainsi, l'explication serait facile à trouver. Gomme la fécondité est un attribut de la femelle, le ciel fécond est naturellemenl une femelle. Ce mythe est-il un produit de l'époque matriarcale, on la mère, dans la famille, étail , souscertains égards, supérieure à l'homme? Dans ce cas, on pourrait aussi donner une explication. Comme le ciel esl plus parfait que la terre, il représenterait donc, dans l<' commerce sexuel, la mère. On peut se livrer à bien des hypothèses, sans toutefois arri\ er à une solution certaine. On se trouve néanmoins en l'aee d'un mythe obscur. A-t-il quelque rapport avec le passage delà Genèse, i, 1, où il esl dit que Dieu sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'a\ ec les eaux qui sont audessus de l'étendue? On ne saurait le dire. Les relations de la voûte céleste et de la terre ont plus <»u moins influencé les cosmogonies anciennes. Pour les Égyptiens du Delta, le ciel et la terre, Noutl el
Sibou, étaient plongés dans les eaux ténébreuses, dans le Nou. C'est en définitive, pourvu qu'on sache le comprendre, le chaos primitif. La Genèse nous dit, i, 2, que la terre était informe et vide; qu'il y avait des ténèbres à la face de l'abîme. Il n'est nullement défendu de penser qu'il existe quelque relation entre le récit de la Genèse et le mythe égyptien, mais la conception en est sûrement différente. Pendant que la Genèse introduit immédiatement l'acte créateur de Dieu, le récit égyptien nous met en présence d'un mythe phallique.
On pourrait peut-être aussi voir dans ce mythe une autre allusion. Le ciel, la terre et l'eau étaient tout pour les Egyptiens; nous l'avons déjà noté. C'est tellement vrai, que la croyance populaire avait classé les dieux en trois groupes principaux correspondant à ces trois éléments : les dieux du ciel, les dieux de la terre et les dieux des eaux. Comme le mythe de la séparation de Nouît et de Sibou par Shou est foncièrement cosmogonique, et comme Nouît et Sibou étaient plongés dans l'eau, le Nou, il semble que les représentants des trois grands ordres divins interviennent dans cette création. Toute la nature est dans un état d'incubation. Elle en sort tout d'un coup, pour s'organiser, par l'opération de Shou. Et alors on s'aperçoit qu'il s'agit, non d'une création proprement dite, mais d'une organisation, d'une disposition. En séparant Nouît et Sibou, Shou ne fait en somme que mettre de l'ordre dans la confusion, qu'organiser le chaos primitif.
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Et l'ordre esl ici consécutif à un acte de fécondation charnelle. Tout le mythe esl là.
La cosmogonie de Mendès el de Bouto esl un peu plus claire. Ce mythe a, en somme, le Nil pour ccutre. « L'aspecl «les plaines inondées «In Delta, <ln fleuve qui les sillonne et les féconde, des sabli du désert qui les menacent, avail inspiré aux théologiens de Mendès el de Bouto une explication du mystère de la création où les divinités féodales de ces cités et de plusieurs cités voisines, I tsiris, Slt, Isis, remplissaient le rôle principal » '. I î'esl la lutté entre le Nil bienfaisant el le désert brûlant, el par conséquent, pour aller plus à fond, entre !<■ biene! le mal. Le dualisme semble faire ici son apparition.
Uappe Ion s- n on s en effet le symbolisme de ces divinités. Osiris représente le Nil, bienfaiteur de l'humanité. Il est donc le dieu bon par excellence. Isis représente la terre grasse du Delta. Le Nil, ( tsiris, avait fécondé, par son débordement, cette terre grasse, Isis. Le désert, par sa sécheresse el son aridité, était aux antipodes des plaines fertiles du Delta, arrosées par le Nil. El connue le désert était le domaine de Sît, il s'ensuivait que Sîl était le principedu mal, le dieu mauvais. Une lutte terrible
S'engage entre Osiris et Sît, le principe hou el le
principe mauvais. Nous avons raconté les principaux épisodes de celle tulle. 11 est inutile d"\
venir. Qu'il nous suffise de noter que la cosmogonie