MabperOj Histoire, t. I. p
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de Mendès et de Bouto tourne tout entière autour des deux principes : le bon et le mauvais. Et, comme cette lutte se continue, même après la création, on a pu dire avec raison : « La création du monde avait mis en présence les dieux destructeurs et les dieux nourriciers; la vie du inonde est l'histoire de leurs rivalités et de leurs guerres » 4. C'est donc le dualisme qui domine la cosmogonie de Mendès et de Bouto. Ce système reparaîtra plus tard dans d'autres religions; ce qui montre évidemment que le problème du bien et du mal, quelque forme qu'il prenne, a toujours tourmenté l'esprit humain.
Comme tous les peuples primitifs, les Egyptiens ne firent pas beauconp de métaphysique. Ce problème prit, à leurs yeux, une forme concrète. Et le spectacle qu'ils avaient continuellement sous les yeux, était bien de nature à y fixer leur attention. D'un côté le Nil, roulant dans ses flots la vie, la puissance et la prospérité; de l'autre le désert, lieu de mort, de stérilité et de désolation. Comment n'être pas frappé de ce contraste, de cette opposition? Et comment dès lors ne pas songer à les expliquer et à les interpréter? Ignorant les causes physiques de ce phénomène, ils en demandèrent l'explication à la mythologie. Elle était toute simple, toute naturelle. Ces deux régions : le Delta et le désert, sont le domaine de deux dieux opposés, de deux principes hostiles. Chacun subit l'action de son maître. Le Delta, domaine d'Osiris, le bon, est fertile; le désert, domaine de Sît, le