‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 171 sur 220 · HÉRODOTE, 11, \<:. Cf. WlBOEMANlf, HerodoVi · texte numérisé non relu

HÉRODOTE, 11, \<:. Cf. WlBOEMANlf, HerodoVi

2. Brugsch, Dictionnaire géographique, p. 183 isS. 1338 Poorlt ville de NUopolie, Cf. Etii nm di Byianci - i N

IIkcatki. de Mii.i i (frag.277 dànsllûu i u-l > i . / rag.

de papyrus transmettait au Nil l'ordre d'assurer une inondation normale en vue de la prospérité du pays. Dans le cas où le Pharaon avait officié lui-même, on en perpétuait le souvenir par une stèle gravée sur les rochers. On connaît jusqu'à présent trois de ces stèles : celle de Ramsès II, de Mînephtah et de Ramsès III *. A la même occasion, on célébrait de grandes fêtes, avec une affluence considérable des populations. On faisait une procession pendant laquelle on promenait la statue du dieu et on chantait des hymnes entraînantes. Nous donnons ici la traduction de Tune de ces hymnes2.

I. — Salut à toi, Hàpi, qui sors en cette terre et arrives pour donner la vie à l'Egypte ; toi qui caches ta venue dans les ténèbres en ce jour même où Ton chante ta venue 3, flot qui s'étale sur les

1. Voir, pour la première, Champollion, Notices, t. I, p. 611 el suiv. ; Lepsius, Denkni. III, 175 a; pour la seconde, Champollion, Monuments, pi. cxiv ; Rosellini. Monument i slorici, p. 302-304 et pi. cxx,l; Lepsius, Denkm. III, 200 d; et pour la troisième, Champollion, Monuments, pi. civ ; Lepsius, Denkm. III, 217 d. Traduites par L. STERN,Z)/e Nilstele von Gebel-Silsileh, dans la Zeilschrift, 1873, p. 125-135.

2. Le texte s'est conservé dans deux papyrus du British Muséum : le Papyrus Sallier II {Select Popyri, t. I, pi. xxi, lig. 6-pl. xxm) et le Papyrus Anaslasi VII,[ibid. pl.cxxxiv.lig. 7-pl. cxxxix). Traduit par Maspero, Hymne au Nil, 1868 ; Fr. Cook, Records of the past, V* sér. t. IV, p. 105 et suiv. ; Amélineau, Bibliothèque de l'École des hautes Études, Section des sciences religieuses, t. I, p. 341-371 ; Guieysse, Recueil de travaux, t. XIII, p. 1-26.

3. Littéralement : « Cachant la traversée des ténèbres au jour des chants de traverser ». C'est une allusion au passage du Nil céleste, dont le Nil terrestre est une dérivation qui s'écoule à travers les régions obscures de l'Occident. L'origine du dieu demeure cachée même à ses adorateurs.

cil. X. — LE Dil.i NIL

vergers que Râ crée, pour donner la vie à loua ceux qui oui soif, et qui se refuse à abreuver le désert du débordement des <;m\ du ciel ' ; «les que lu descends, Sibou, le <li<-u terre, s'énamoure des pains,

Napri, le dieu grain, présente son offrande, Plilah rend prospère tout atelier3.

II. — Maître des poissons, dès qu'il passe la cataracte, les oiseaux ne s'a halle ni plus sur leschamps;

faiseur de blé, producteur d'orge, il prolonge la durée des temples.

Ses doigts chôment-ils, souffre-l M ? alors tous 1rs millions d'êtres sonl misérables :

diminue-t-il au ciel ? alors les dieux eux mêmes périssent et les hommes.

III. — Les bestiaux s'affolent el la terre entière, grands et petits sont au supplier ;

Si au contraire les hommes ^<>ni exaucés lorsqu'il monte et qu'il se fait Khnoumou pour eu]

dès qu'il se lève, alors la terre erie d'allégresse,

alors tout ventre esl enjoie, toul dos esl se< <>ue par le rire, toute denl broie.

1. Littéralement: « Faire boire au déserl !«■ débordemenl 'lu ciel, c'est son horreur ». On Bail que le déserl esl l«' doinaii

SIt, le dieu mauvais ri qu'Osiris, -<>n adversaire, esl un Nil

2. A l'arrivée de l'inondation toul prospère: le blé poua Phtah, qui esl un «lieu ciseleur h maçon, donne nue forle un pulsion à tous le- métiers.

3. Littôralemenl : a Exaucés le- hommes lorsqu il pousse -••eaux], étant la forme Khnoumou ». Noua - ivons 'i1"' Khnoumou esl le «lieu qui a pétri l'homme du limon du Nil Le Nil devient donc le dieu Khnoumou, c'est-à dire il fabrique pour lea hommes la prospérité même avec Bon limon.

IV. — Apportant les substances, riche en provisions, créateur de toutes les choses bonnes,

maître de tous les germes, doux à ses élus, si Ton se fait un ami de lui,

il produit le fourrage des bestiaux et il pourvoit aux sacrifices des dieux,

et l'encens qui vient de lui est le plus fin ;

il prend les deux pays et les greniers sont pleins, et les entrepôts prospères et les biens des misérables prospèrent.

V. — Il se met pour les exaucer au service de tous les vœux, sans en rien rabattre.

Faire qu'il y aitdes bateaux c'est son fortàlui1.

On ne lui sculpte point de pierres, ni de statues où Ton pose la double couronne ;

on ne l'aperçoit point ; on ne lui paie tribut et on ne lui apporte pas d'offrandes,

on ne l'enchante point par des mots mystérieux ;

on ne connaît le lieu où il est, on ne trouve point sa chasse par la vertu des écrits magiques ;

1. Littéralement: « Il fait prospérer (souroud) au bâton (er khît) de tous les désirs, sans retrancher en eux ; faire être bateaux (ammou) c'est sa vaillance ». Pour bien comprendre cette idée, il faut savoir que l'expression: « être au bâton » signifie subordination, dépendance, « être au service ». Le domestique est au bâton du Pharaon, du maître. Le Nil se met « au bâton » c'està-dire « au service » de tous les désirs des hommes pour les exaucer. Comme le commerce de l'Egypte s'accomplit presque entièrement par eau, l'expression « le fort du Nil est qu'il y ait des bateaux » signifie que le fleuve apporte tant de richesses, qu'on est obligé de construire beaucoup de vaisseaux pour les transporter.

Page 1