‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 188 sur 220 · I. — LE RITE FUNÉRAIRE · texte numérisé non relu

I. — LE RITE FUNÉRAIRE

On avait cru pendant longtemps que les Egyptiens avaient commencé par ensevelir les morts et qu'ils étaient arrivés ensuite à la momification. (les vues sont aujourd'hui abandonnées. « L'ensevelissement et la momification ne nous apparaissent plus aujourd'hui comme le premier mode de conservation des cadavres connu des Egyptiens. Dans les nécropoles archaïques, on trouve des cadavres démembrés, lacérés, dont les os sonl rassemblés dans un certain ordre. On se préoccupai! alors de démembrer le corps, comme Pavait été

celui (TOsiris, et non de le conserver n l.

On ne tarda cependant pas à pratiquer Pensevelissement. Pour préserver le corps d'une dissolu-

I. Note d'A. Moret, dans Chantepii di la Saussaye, Manuel d'histoire des religions, i>. ,.,,.>, n. 2. L'auteur 'l«' cette note ajoute: « Voir ;i ce sujet, Wii di mann, Les modes a? ensevelissement dans la nécropole de Négadah ;i|». de Morgan, Recherches sur les <>rigines de l'Egypte) et Die Tolen und ihre Reiche ».

tion trop prompte et lui assurer une survie plus longue, on l'ensevelissait dans la terre sèche du désert, à la montagne. Enseveli dans le sable, le corps se transformait, mais ne périssait pas complètement. La peau se desséchait bien vite, se durcissait progressivement et devenait une espèce de parchemin noirâtre sous lequel les chairs se consumaient lentement. M^s cj j^ro^^^^anjt trop simple, et on lui substitua la momification, qu'on rattacha à une idée religieuse. Anubis, le chacal, avait découvert la momification ; il était/1^ maître deM'ensevelissement. Il s'était avisé de /vider le

cadavre des viscères, parce que de tous les organes les^vTsceres sont ceux qui se décomposent le plus vite, de le saturer d'aromates et de sel, et de le protéger par une peau de bêtef1 ; il l'avait ensuite protégé par une épaisse couche d'étoffes. La momification fut donc confiée aux Egyptiens par Anubis, et elle devint un véritable art. On fut toujours reconnaissant au chacal Anubis de son bienfait et on en perpétua le souvenir. On posait sur le couvercle des boîtes funéraires un chacal en forme de naos, où l'on enfermaitUes quatre vases, appelés Canopes, entre lesquels on répartissait les quatre

1. Lefkburk, Etude sur Abydos, II, dans les Proceedings, 1892- 1803, t. XV, p. 433-435. Sur les rites de la sépulture en général, voir E. Amélineau, Histoire de la sépulture et des funérailles dans Vancienne Egypte, I-II, 1896 ; Lefébure, L'office des morts dans Abydos, dans les Proceedings, t. XV ; Rites égyptiens, et Sphinx, III, 3.

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