‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 199 sur 220 · Maspero, Éludes de Mythologie, t. I, p · texte numérisé non relu

Maspero, Éludes de Mythologie, t. I, p

3. Le Livre des morls est surtout connu par l'exemplaire en caractères hiéroglyphiques de Turin. En 1841, Lepsius calqua et fit lilhographier cet exemplaire sous le titre : Das Todlenbuch der Aegypier. En 188G, E. Naville en fit une édition critique: Das aegyptische Todlenbuch der XVIII bis XX Dynastie, 2 vol. info], de planches et un vol. in-4° d'Introduction, Berlin, 1886.

1. Naville, Todlenbuch, t. I, pi. cxxvm, Ai. Voir la reproduction dons Maspero, Histoire, t. I, p. 182.

eu. XII. — LA VIE FUTURE 345

servir de guide. Les textes parlent des services rendus au double par cet oiseau : « Mon guide est Ja sirène » ou « mes guides son! les sirènes » '. Il ne tardait pas à rencontrer dans le désert un arbre fée, c'est-à-dire un sycomore. Une déesse quelconque, Ilàtbor, Nouît ou Nît, sortait du feuillage de l'arbre, et présentait au double un plat couvert de pains et de fruits, et un vase rempli d'eau. Si le double acceptait ce don, il devenait à l'instant même l'hôte ou plutôt l'otage de la déesse, el ne pouvait plus, sans sa permission', revenir sur ses pas2. Aussitôt commençaient les pays de terreur, remplis de serpents et d'animaux féroces. Les chapitres x.wi et xxxii du Livre des morts :! protègent le mort contre les crocodiles, et les chapitres xxxvixl *, contre lous les reptiles. Os pays étaient aussi sillonnés de torrents d'eau bouillante. La vignette du chapitre lxiii l> du Livre des morts5 montre le défunt traversant une rivière d'eau bouillante qui lui monte au-dessus de la cheville : au chapitre

1. Maspero, Quatre annéa de fouille, dans les mémoires de lu Mission du Caire, t. I, p. ir,:>, lig. 168-469 el p. 178, li^. 744. Cf.

I.i i--ii -, Arllrslc Texte, pi. 1 I. lig. H-42 : l.i PAG1 lii NOI i . I .«■-

eond Note, dans les Proceedings, 1891 1892, i. XIV, p. 398 el suiv. ; Lefébure, Étude sur Abydos, dans les Proceedings, 1892-1893, l. XV, p. 135 »'t suiv.

2. Kosellini, Mohumenti civili, pi cxxxiv, 3. En \<>ir la reproduction < la h s M tsFi ro, Histoire, i l. p. 185. Celte coutume se rencontre chez d'aulres peuples. Cf. E. Tylob, l.<> civilisation primitive, trad. franc. I. Il, p. 62, 68, n. I.

:>. Édit. N w n. m , 1.1, pi. \i i\ \i \ . i. Ibid., i. I, pi. \i\ ii. iv.

■>. Ibid., i. I, pi. i.wi\ .

lxui A1, le mort boit de l'eau bouillante sans se brûler ni la bouche ni la main. On y rencontrait aussi des étangs et des marais, où des singes monstrueux jetaient leurs filets 2. Les âmes ignorantes de ces ruses tombaient dans ces filets comme des poissons 3. D'autres étaient mordues par une vipère ou une urœus, et périssaient empoisonnées ; d'autres enfin succombaient à divers accidents avant d'arriver au terme de leur pérégrination. Il en était tout autrement des âmes qui avaient été prémunies par les amulettes et les formules de l'incantation. Ces dernières surmontaient tous les obstacles, échappaient à tous les dangers semés sur leur route, et tenaient en échec tous leurs ennemis. Armées du pouvoir même de Ha, cl Horus, de Khopri ou de Toumou, elles engageaient une lutte victorieuse contre leurs adversaires, forçaient les crocodiles à se détourner et perçaient les serpents de leur lance 4. Elles continuaient ainsi péniblement, et à travers toute sorte d'obstacles, leur voyage. La dame d'Occident, la vache Hâthor, les attendait à mi-cote, dans les prés verdoyants, où chaque joui- elle reçoit le soleil à son coucher, lorsqu'il a terminé sa course diurne. Tantôt elle apparaissait tout entière, tantôt

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