Onnophris, On-nouphir, le « bon » est le surnom d'Osiris
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un esclave par son maître. Je n'ai affamé personne, je n'ai point fait pleurer, je n'ai pas assassiné, je n'ai point fait assassiner traîtreusement, et je n'ai commis de trahison envers personne. Je n'ai rien retranché aux provisions des temples. Je n'ai point g;Ué les pains de proposition des dieux. Je n'ai pas enlevé les gâteaux et le maillot des morts. Je n'ai point fait œuvre de chair dans l'enceinte sacrée des temples. Je n'ai pas juré. .le n'ai rien retranché aux redevances sacrées. Je n'ai pas lire sur le p<ison de la balance. Je n'ai pas faussé le fléau de la ha lance. Je n'ai pas enlevé le lait de la bouche des nourrissons. Je n'ai poinl lacé les bestiaux sur leurs herbages. Je n'ai pas coupé une rigole sur son passage. Je n'ai point éteint le feu en son heure. Je n'ai pas fraudé la neuvaine des dieux des morceaux choisis des victimes. Je n'ai pas repoussé les bœufs des biens des dieux, .le n'ai point repoussé le dieu en sa sortie. — .Je suis pur, je suis pur, je suis pur ! .le suis pur, je suis pur, je suis pur ! Pur comme est pur ce grand Bonou d'Héracléopolis... Il n'y a aucun crime contre moi en celle terre de la double Vérité. Comme je connais le nom des dieux qui sonl avec toi dans la Salle de la double Vérité, sauve-moi d'eux ».
Le mort se tournait alors vers Les assesseurs. Comme chacun d'eux élail chargé de connaître d'un péché particulier, le mort les prenail à témoins
qu'il élail iuuocenl du péché que chacun d'eux
avait soin d'enregistrer. Cette formalité accomplie,
il revenait vers Osiris, le juge suprême, et reprenait son discours interrompu. « Salut à vous, dieux qui êtes dans la grande Salle de la double Vérité, qui n'avez pas le mensonge en votre sein, mais qui vivez de Vérité dans Aounou et en nourrissez votre cœur par devant le Seigneur dieu qui habite en son disque solaire. Délivrez-moi du Typhon qui se nourrit d'entrailles, ô chefs, en ce jour du jugement suprême. Donnez au défunt de venir à vous, lui qui n'a point péché, qui n'a ni menti, ni fait le mal, qui n'a commis aucun crime, qui n'a point rendu de faux témoignag-e, qui n'a rien fait contre lui-même, mais qui vit de vérité, se nourrit de vérité. 11 a répandu partout la joie ; les hommes parlent et les dieux se réjouissent de ce qu'il a fait. Il s'est concilié le dieu par son amour; il a donné du pain à l'affamé, de l'eau à l'altéré, des vêtements au nu ; il a donné une barque au naufragé, il a offert des sacrifices aux dieux, des repas funéraires aux mânes. Délivrez-le de lui-même ; ne parlez pas contre lui par-devant le Seigneur des morts, car sa bouche est pure et ses deux mains sont pures ».
Au centre de la Salle se trouvait la balance sur laquelle les assesseurs pesaient ses actions. Nous avons déjà noté que la balance est une fée ; elle est dès lors animée par un génie qui parfois montre sa tête humaine. Les puissances divines entourent et actionnent la balance : un cynocéphale, emblème de Thot, est penché sur son montant pour surveiller
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les mouvements du fléau ; les cordes, auxquelles sont suspendus les plateaux, se composent de aidons alternés ou de croix ansées. La Vérité est sur l'un des plateaux ; Thot place sur l'autre plateau le cœur du mort et appuie en même temps sur le plateau de la Vérité pour l'aire pencher le jugement. Ce dernier plateau penche en effet, ce qui suppose que le cœur, qui occupe l'autre plateau, esl léger de péchés. Thot inscrit le résultat de l'opération sur une tablette en bois, et prononce à haute voix la sentence. « Ce que dit Thot, seigneur des discours divins, greffier de la Grande Ennéade, à son père Osiris, maître de durée: « Voici le défunt dans celte Salle de la double Vérité, et son cœur a été estimé à la balance en présence des grands génies maîtres de l'Hadès, et il a été trouvé vrai ; on n'a point découvert trace d'impureté terrestre dans son cœur ; maintenant qu'il sort du tribunal juste de voix, son cœur lui est rendu, ainsi que ses yeux et l'enveloppe matérielle de son cœur, pour être remis en leur place chacun en son temps, son Ame au ciel, son cœur à l'autre monde comme c'est l'usage des Suivants d'I/orns. Mue désormais son corps soit aux mains d'Anubis qui préside aux tombeaux, qu'il ail des offrandes au cimetière «ui présence d'Onnophris ; qu'il soit comme un de s< a favoris qui marchent derrière toi ; que son Ame puisse s'établir en tout lieu qui lui plaît dans la nécropole de sa ville, à lui, dont la voix est juste par-devant la Grande Ennéade ».
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3r>l RELIGION DES ÉGYPTIENS