V. — LES CONDITIONS DE LA VIE DANS L'AUTRE MONDE
Aussi après le jugement le mort était-iT investi de tous les droits d'une âme pure. Tout ce que les princes distribuaient ici-bas à leurs sujets, il le recevait la-haut du Maître Universel : des vivres, une maison, des champs et des jardins à cultiver. A l'époque des Pyramides, la formule de ces donations est claire et précise : « Ton millier de bœufs, ton millier d'oies, du rôti et des. viandes bouillies de la boucherie du dieu, du pain, une quantité des biens présentés dans la salle d'Osiris » *. Ces biens, il les recevait avec les mêmes charges que sur la terre : la corvée, l'impôt, le service militaire. Mais ces âmes bienheureuses rendaient à leur tour des services. Si par hasard les partisans de Sît s'avisaient d'attaquer l'île, les morts s'en constituaient immédiatement les défenseurs, ils s'enrôlaient sous les armes et se battaient avec courage pour conserver leur séjour. Ils payaient aussi aux magasins des dieux la dîme de tous les dons qu'ils recevaient des vivants, de leurs parents restés sur cette terre. La vie dans ce séjour bienheureux était sérieuse. Le travail en occupait une grande partie. Le mort y travaillait avec la même assiduité qu'au temps où il était en Egypte. La vignette du papyrus funéraire de Nebhopît nous montre le mort labourant les champs d'ialou et y récoltant la