Papi H, lig. 1348. Cf. Recueil, t. xiv, p
CM. \U. — I.A VII Mil RE •>•'•>
moisson. Il se promenait aussi en canot sur les canaux des champs d'Ialou '. Il y exerçai I tous les travaux (ju'il avait exercés sur cette terre, <>n trouva bientôt que ces occupations étaienl incompatibles avec l'état de félicité, el Ton se hâta d'y remédier. Les morts se déchargèrenl sur leurs serviteurs de leurs Occupations manuelles. Il importe de savoir commenl le mort arrivait dans l'île bienheureuse.
Il y arrivai! avec un nombre plus ou moins grand de serviteurs, suivant ses conditions de fortune. I m comptait au premier rang de ces serviteurs les doubles des esclaves qu'on avail égorgés sur sa tombe, et qui étaienl censés aller le servir dans l'autre monde, comme ils l'avaienl servi dans celuici. Lorsque les sacrifices humains eurent disparu, on remplaça ces doubles par des statues el des images, qu'on supposai! douées d'une âme active et intelligente. Au débul ces statues el ces images étaienl de grande taille. Il y avail là un inconvénient. Les riches seuls étaienl capables de s'en procurer. Ces statues, douées de force el de vigueur, exerçaienl divers offices : elles broyaienl le grain, pétrissaient la farine, entretenaienl le cellier8. On réduisil la taille de ces statues à quel-
1. Lanxone, Dizionario di lHitologiayfA< \. En voir la reproduction dans M aspero, Histoire, i. i, p. 192, [94. On voil par ces deux vignettes que les champs d'Ialou étaient lumineux, éclairés par les disques solaire «M lunaire.
2, Maspero, Guide <lu viiiieur au musc- de Boulaq, p. 215, vis. 219, 220,
ques centimètres de haut. De la sorte les pauvres eux-mêmes pouvaient en avoir. Ces statuettes remplissaient un rôle tout spécial. Lorsque le dieu, chargé d'appeler au travail les habitants du royaume d'Osiris, prononçait leur nom, elles se levaient et répondaient pour lui. De là le nom qu'on leur donna : « Répondants », Onashbîlii. Un chapitre du Livre des morts contient la formule magique par laquelle on donnait la vie aux « Répondants », et on leur imposait leur tâche dans 1 autre vie2. La présence de ces statuettes animées complétait le bonheur de leurs maîtres. Pendant que les domestiques vaquaient aux divers travaux manuels, les maîtres se livraient à des parties de plaisir et de distraction. Ils s'adonnaient à une espèce de jeu qui ressemble au jeu de dames3. Ils péchaient à la ligne, chassaient les oiseaux dans les fourrés, ou, ce qui est plus sensuel et tout à fait oriental, ils se livraient aux plaisirs avec leurs femmes. Le Livre des morts et d'autres monuments mentionnent ces divers exercices et ces distrac-
1. Maspero, Guide du visiteur, p. 131-133 ; Études de Mythologie, t. I, p. 355-356.
2. Chap. vi, édit. Naville. t. I, pi. vin. Sur cette formule, cf. Chabas, Observations sur le chapitre V du Rituel funéraire égyptien, Extrait des Mémoires de la société historique et archéologique de Langres ; V. Loiœt, Les statuettes funéraires du musée de Boulaq, dans le Recueil, t. IV, p. 89-117, t. V, p. 70-76.
3. Vignette du Papyrus n° 4 de Dublin. Cf. Naville, Todtenl'uch, t. I, pi. xxvii Da. Falkener, Gumes ancient and oriental and hoir to play them, p. 9-101. Voir la reproduction de la vignette dans Maspero, Histoire, t. I, p. 194.
Cil. XII. — LA VIE FUTURE 357
tions1. Ils tuaient aussi le temps à lire des conl< - A y regarder de près, ou se convainc que la vie des âmes dans le royaume osirien ne diffère pas essentiellement de la vie terrestre. Elle n'est que la vie présente idéalisée, épurée et exempte de toutes les misères qui l'accompagnent ordinairement. Les dieux subalternes eux-môines entrèrent dans ce mouvement, et turent bien aises de se rapprocher d'Osiris et même de s'identifier à lui3.