I. LA COSMOGONIE
La Bible s'ouvre par un enseignemenl clair et précis sur les origines des choses : <* Au commencement Dieu créa le ciel et la terre ». Os quelques mois donnent la solution du problème dans lequel a sombré toute la pensée antique. Le monde a commencé par ce! acte de la toute-puissance de Dieu, que nousappelons création. Le passage de la ( ienèse, interprété par le second livre (\c± Macchabées, vu, 28, doit s'entendre d'une création propremenl dite, c'est-à-dire (Tune extraction des choses du néant. Comme tous les autres peuples de l'antiquité, les
Egyptiens, nous le savons, se livrèrent à bien des
spéculations sur l'origine du monde, mais jamais ils ne purent dégager l'idée de création; jamais ils ne soupçonnèrent cette solution du problème de l'origine des choses. Leur cosmogonie nous parle assez fréquemment du commencement du monde ; mais ce commencement n'est que l'élaboration d'une matière préexistante, la mise en œuvre de matériaux que le dieu avait trouvés tout préparés et dont personne ne connaissait la provenance. La théologie égyptienne enseignait, en effet, que les germes de toutes choses avaient dormi pendant de longs siècles dans le sein de l'eau ténébreuse, de Nou. Au temps voulu, le dieu de chaque cité réveilla ces éléments endormis, et opéra sur eux selon son génie propre. Dans cette disposition des éléments préexistants, chaque dieu obéit à ses aptitudes et au rôle que lui avait assigné la vieille théologie. Voilà pourquoi il y eut, en un sens, autant de coordinations, d'agencements de ces matériaux qu'il y avait de dieux locaux, de dieux maîtres et princes des cités particulières. Il est à peine besoin de dire que toutes ces cosmogonies ne ressemblent en rien à la création du néant enseignée par l'Ancien Testament. Par cette cosmogonie, la religion d'Israël plane bien au-dessus de l'égyptienne.