I. DlODORE, I. i
Les armes, employées à cette époque, serviront aussi d'illustration. Chez les nobles au moins, les armes complétaient la parure. C'étaient des bâtons, des massues, des lances garnies d'une pointe de pierre, des haches en silex, des casse-tête en os. Elles ne pouvaient naturellement servir que dans une lutte corps à corps ; mais lorsqu'on savait les manier, on avait des instruments terribles. Lorsqu'il s'agissait de combattre à distance, on employait l'arc, la fronde, la javeline et le boumérang. La période du bois ne fut pas très longue. Les Égyptiens employèrent d'assez bonne heure le fer et le cuivre. Les armes en métal remplacèrent bientôt les armes en bois, et les anciennes armes ne servirent plus que comme instruments décoratifs, ou comme insignes des princes, des nobles et des seigneurs. La vie n'entraînait pas beaucoup de dépenses et n'était pas très pénible. La pêche et la chasse fournissaient aux anciens Egyptiens leurs principaux moyens de subsistance. Ils connurent à peu près tous les genres de pêche : à la nasse, au filet, à la ligne, à la fourche. Ils péchaient dans les étangs, et lorsqu'ils opéraient sur le Nil, ils employaient des canots, longs et minces, semblables aux jonques chinoises. La pêche était assez abondante. Les historiens grecs nous donnent même des détails sur les revenus des pêcheries *. La chasse s'exerçait tout particulièremenl sur le lion, la pan-
1. Hérodote, II, cxlix (cf. aussi III, xci) ; DlODORE, I, LU.
thère et le léopard. C'était la grande occupation
des nobles. Les gens <lu peuple ne visaient pas si haut: ils aimaient mieux s'attaquer aux mouflons, aux gazelles, à l'autruche, au bœuf sauvage, au lièvre. Ce contact perpétuel avec 1rs animaux avail fini par créer des relations plus douces el plus familières. Les animaux s'apprivoisaient el les Egyptiens les traitaient avec plus d'humanité. Ils abandonnèrent les engins trop meurtriers, el les remplacèrent par le filet pour les oiseaux, la bola et le laço pour les quadrupèdes. Une longue pratique de la chasse permit de distinguer entre les animaux qu'on pouvait utiliser, et ceux qui étaienl rebelles à la domestication. Cette conquête ne se fit pas tout d'un coup. Elle dura même longtemps. Aux commencements de l'époque historique, l'âne, le mouton et la chèvre vivaient à Péta t domestique : le porc, au contraire, était encore demi-sauvage. Les rites religieux ont connu un temps, où Ton ('(ail obligé d'aller lacer dans les champs les bêtes toul particulièrement destinées au sacrifice, comme les bœufs, ce qui suppose qu'elles n'étaienl pas encore domestiquées.
Les plantes employéesà l'alimentation apporteront aussi leur contingent de lumière, H nous mettront à même de constater les survivances d'une époque sauvage. L'huile de ricin servait non seulement aux soins du corps, mais aussi d assaisonnement aux mets. Au début, les Égyptiens utilisaient tous les fruits de leur pays. Peu à peu, aidés
par l'expérience, ils firent une sélection. Quelques fruit s tombèrent en désuétude et d'autres furent réservés aux préparations pharmaceutiques. Les fruits, qui cuiraient habituellement dans le régime alimentaire, étaient la datte, la figue ordinaire, la figue du sycomore. La vigne était abondante. De bonne heure, les habitants du pays connurent l'art de faire le vin pour leur boisson. Quelques-uns de ces vins étaient même renommés Ceux qui venaient des quatre points cardinaux : Nord, Est, Sud, Ouest, figuraient aux repas officiels et dans la cave des morts. Les lupins, les fèves, les pois chiches, les lentilles, les oignons et quelques plantes aquatiques fournies par le Nil, complétaient le menu. N'oublions pas le fruit du lotus et du papyrus1. Avec diverses espèces de graines et de fruits, on faisait du pain et des galettes. Le froment, souo, et l'orge, iati, ioii, étaient connus dès la plus haute antiquité. L'alimentation était donc empruntée aux produits du pays.
Le procédé de labourage était des plus simples et des plus primitifs. Pour ouvrir ce sol fertile et peu résistant, la houe suffit pendant longtemps, une houe composée de deux pièces de bois reliées ensemble par une corde. Plus tard on inventa la charrue, mais on n'eut aucune peine, car la charrue n'est qu'une houe agrandie. La culture des céréales lui 1res florissante, à tel point qu'elle éclipsa à un
1. HÉRODOTE, II, xcn ; DlODORK, I, X, xxxiv ; Théophraste, Eut. PI. IV, x ; Straron, xvii, 799.
moment toutes les autres exploitations, et (il de l'Egypte un réservoir de blé. Celle fertilité était due à un admirable système d'irrigation, qui permettait de promener à volonté les eaux du Nil SUT toute retendue de la vallée. Les Égyptiens primitifs vivaient dans ce milieu champêtre, el y puisaient largement tout ce qui étail nécessaire à la satisfaction de leurs besoins matériels.