‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 36 sur 220 · M \spi ro, Histoire, t . i, p. 28 i · texte numérisé non relu

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hoiels se subdivisait en compartiments, âî, ad, pour recevoir les diverses catégories de substances. Chacun avait aussi à sa tête un directeur. Tous ces employés étaient tenus de s'acquitter de leur charge avec la plus grande ponctualité et une fidélité irréprochable. On punissait sévèrement la moindre irrégularité. Tout employé avait droit à une retraite. L'administration des provinces reproduisait, presque point par point, celle de la cité royale.

Dans cette armée de fonctionnaires, le scribe, sashai, sakk, sakhou, dnou, occupait une place à part. Quiconque savait lire et écrire et savait un peu calculer, était scribe. C'était un métier peu lucratif mais en somme assez estimé, et qui comportait certains privilèges, tels que l'exemption du service militaire. On s'estimait heureux, lorsqu'on exerçait la profession de scribe : « Il n'est que d'être scribe ; le scribe prime tout ». Cette formule revient assez souvent dans les exercices qu'on imposait aux écoliers sous le Nouvel Empire. Le scribe parvenait quelquefois aux plus hauts postes. Ce fut le cas d'Amten, qui a laissé un souvenir impérissable dans l'histoire égyptienne.

CH. II. — ET \T SOCJ M. DE 1.'\'j.\ Il E III. — LA FÉODALITÉ.

La féodalité jouail en Kgypte un rôle assez considérable. Les seigneurs n'avaient cependanl pas tous le même pouvoir. La distribution des nomes concourail à étendre ou affaiblir leur autorité. En règle générale, on peul dire que leur autorité étail (raillant plus grande que leurs domaines étaienl plus éloignés de la résidence royale. Le prestige et l'action des Pharaons éclipsaient ceux des seigneurs qui étaient proches de lui. Voilà pourquoi la puissance féodale étail presque nulle dans le Délia. Elle devenait au contraire de plus en plus forle, au fur et à mesure qu'on descendait vers le Sud. Les principautés de la (la/elle, du Lièvre. du Mont- Serpent, d'Akhmîm, de Thinis, de Kasres-Sayad, d'El-Kab, d'Assouan appartenaient à la féodalité. 11 est probable que d'autres se trouvaienl dans les mêmes conditions. En principe, lous seigneurs reconnaissaient la souveraineté du Pharaon : en pratique ils étaienl à peu près Indépendants, chacun dans son propre domaine, comme, de nos jours, les gouverneurs des provinces turques. Chaque seigneur exploitait, comme il l'entendait, son fief. Dans les limites de son territoire, il rem plissail toutes les fonctions du Pharaon, j compris celle de prêtre. II recevail les réclamations el les plaintes de ses vassaux el rendail la justice. M avail une petite armée el une flottille, donl il se réservail

le commandement suprême. Son château reproduisait quelquefois le palais royal. Lui aussi avait son harem, et sa femme était, à l'instar de la reine, entourée d'un cortège de courtisanes de toute profession. Les fonctionnaires de l'administration pharaonique se retrouvaient chez lui, mais leurs attributions y étaient naturellement plus restreintes. Les occupations et les situations y étaient aussi les mêmes : la chasse, la pêche, les exercices militaires, les jeux, les chants, la danse, et aussi des séances de magie et de sorcellerie. Bref « la vie des barons égyptiens peut se définir en tout la réduction exacte de la vie des Pharaons » *.

Bien que la féodalité fût héréditaire, néanmoins tout nouveau venu qui entrait en charge, était obligé de demander et d'obtenir l'investiture du souverain. Les charges des seigneurs ne paraissent pas avoir été bien lourdes. Ils étaient tenus en premier lieu de payer un tribut en rapport avec la richesse de leur domaine ; en second lieu de fournir un contingent militaire. Ils avaient quelquefois un service à remplir à la cour. Lorsque le souverain parcourait ses états, le seigneur était astreint à le loger et à l'accompagner jusqu'à la frontière de son fief. Le domaine de chaque prince s'agrandissait ou diminuait par des alliances matrimoniales, selon qu'il unissait un de ses fils à une princesse étrangère ou une de ses filles à un prince étranger. Ces petits

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