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terres du nome de la Gazelle jusqu'à ses frontières Nord et Sud, faisant vivre ses habitants, naître ses provisions, il ne s'y trouvait point d'affamés, car je donnais à la veuve comme à la femme en pouvoir de mari, et je n'établissais aucune distinction entre le grand et le petit en tout ce que je donnais. Si au contraire les Nils étaient forts, les maîtres de terres devenaient riches en toutes choses, car je n'élevais pas la cote de l'impôt sur les champs ». Ils veillaient à tout : à l'entretien des canaux comme au bien-être de leurs sujets. Chacun était en sûreté, car les brigands étaient traqués et ne pouvaient guère exercer leurs déprédations. « Venue la nuit, quiconque couchait sur le cbemin me bénissait, et était [en sécurité] comme un homme dans sa propre maison ; l'effroi de ma police le protégeait, les bestiaux restaient aux champs comme à l'étable ; le voleur était comme l'abomination du dieu et il ne se ruait plus sur le vassal, si bien que celui-ci ne se plaignait plus, mais versait exactement la redevance de son domaine par amour ».
Le paysan était donc à la merci du maître. On conçoit qu'il se désintéressât des choses de ce monde, et qu'il vécût insouciant au jour le jour. Aucune prévoyance de sa part. Il était entre les mains de son maître, comme entre celles de la Providence. « Quelle raison l'homme du commun avait-il de calculer ses ressources et de ménager l'avenir quand il savait que ses femmes, ses enfants,
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ses bestiaux, ses biens, tout ce qui lui appartenait et lui-môme pouvait être enlevé d'un moment à
l'autre, sans qu'il eut le droit ou la Force de s'y opposer ? Il naissait, vivait, mou rail dans la main d'un maîlre. Les terres ou les maisons que son père lui avait léguées, le maître souffrait qu'il en eûl l'usage. Celles qu'il se procurait parson labeur, il les ajoutait au domaine du maîlre. S'il se mariait et qu'il eût des lils, c'était 1rs hommes du maîlre qu'il mettait au monde. Tout cela, dont il jouissait aujourd'hui, le maître le lui laisserait-il demain? La vie môme de l'autre monde ne lui offrait pas plus d'assurance et de liberté : il n'y entrait qu'à la suite du maître et pour le servir, il y subsistait par tolérance comme il avait l'ait sur notre terre, et il n'y trouvait un peu de liberté et de repos que >'il se munissait abondamment de répondants et de statuettes ensorcelées. 11 concentrai! doue son esprit et ses forces sur le moment présent pour ru profiter comme delà seule chose qui lui appartînt à peu près : le futur, il s'en remettait au maître du soin de le prévoir et d'y fournir. A dire vrai, le maître changeait souvent, tantôt le seigneur d'une ville, tantôt celui d'une autre, un Pharaon des dynasties me m phi tes ou thébaines, un étranger installé par aventure sur le trône d'Horus. La condition du peuple ne changeait jamais, h> poids qui l'écrasait ae s'allégeait
point, cl, <|uelle<|ue lui la main qui tînt le bâton, le
bâton retombait toujours aussi lourd sur son dos j L