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champs, les sauterelles s'y abattent, les bestiaux dévorent, les oisillons pillent, et, si le fermier perd un moment de vue le reste qui est sur le sol, les voleurs l'achèvent ; cependant les attaches qui maintiennent le fer et la houe sont usées et l'attelage est mort à tirer la charrue. C'est alors que le scribe débarque au port pour lever la dîme, et voilà les gardiens des portes du grenier avec des gourdins et les nègres avec des nervures de palmier qui vont criant : « Ça, le blé ! » Il n'y en a point, et ils jettent le cultivateur à terre tout de son long ; lié, traîné au canal, ils l'y précipitent la tête la première, et sa femme est liée avec lui, ses enfants sont enchaînés ; cependant les voisins le laissent et s'enfuient pour sauver leur grain ». Le décret d'Harmhabi représente les soldats indisciplinés, « courant de maison en maison, distribuant les coups de bâton, plongeant les fellahs dans l'eau, la tête en bas, et ne leur laissant point la peau intacte ».
Ce tableau, quelque sombre qu'il soit, n'est pas au-dessus de la réalité. Nous savons très bien que la bastonnade et la prison étaient des armes employées contre les contribuables insolvables. Les monuments figurés nous ont conservé la cérémonie de la bastonnade1. La perception de l'impôt se terminait enfin par une révision permettant au scribe de prendre ses précautions pour Tannée suivante et d'en fixer la quotité. On constate cependant, dans