‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 62 sur 220 · II. — LE TOTÉMISME · texte numérisé non relu

II. — LE TOTÉMISME

Le totémisme sous sa double forme : végétale et animale, fleurit en Kgypte. De i<>us les peuples de l'antiquité, le pays des Pharaons lui peut-être !«• plus totémiste. On y pratiqua, à un haut degré, la dendrolâtrie et la zoolatrie.

1° La dendrolâtrie.

Le eu lie des arbres fu! en lionne uni ans l'ancienne Egypte. « On rencontre partout, à la lisière des terres cultivées et même à quelque distance de la vallée, de beaux sycomores isolés qui prospèrent comme par miracle sur leur lit de sable : leur verdure Ira ne lie violemment sur le ton fauve du pays environnanl ; el leur ramure impénétrable défie même en élé le soleil de midi. Si l'on étudie le site, on s'aperçoit bientôt qu'ils s'abreuvent à des nappes

d'infiltration dérivées du Nil, et dont rien ne révèle la présence à la surface du sol : leurs pieds plongent en quelque sorte dans le fleuve sans que personne s'en doute autour d'eux. Les Egyptiens de tout rang les estimaient divins et leur rendaient un culte suivi1. Ils leur donnaient des figues, du raisin, des concombres, des légumes, de Teau enfermée dans des jarres poreuses et renouvelée chaque jour par de braves gens charitables ; les passants s'y désaltéraient et payaient leur aubaine d'une courte prière. Le nome Memphite et le nome Létopolite, de Dahshour à Gizéh, en nourrissaient plusieurs où des doubles détachés de Noûit et d'Hâthor habitaient au su de tous, et dont les successeurs sont vénérés aujourd'hui encore par les fellahs musulmans et chrétiens ; aussi appelait-on ces cantons Pays du Sycomore, et le nom s'en étendit plus tard à la ville de Memphis. Le plus célèbre d'entre eux, le Sycomore du Sud — nonhît risit — était comme le corps vivant d'Hâthor sur notre terre » 2. Consultons le langage. Certains nomes tiraient leurs noms de plantes. Nous venons de mentionner le Pays du Sycomore. Ajoutons-y le nome du Térébinthe et le nome du Laurier-Rose, et nous arriverons à la même conclusion que pour le féti-

1. « On les représentait comme animés par un esprit qui se cachait en eux, mais qui pouvait se manifester en certaines occasions : il sortait alors du tronc sa tète ou son corps entier, puis quand il rentrait, le tronc le résorbait, le mangeait de nouveau, pour employer l'expression égyptienne ».

2. Maspero, Histoire, t. I, p. 121-122. Voir ibid., p. 121 et 185, des dessins représentant le culte du Sycomore.

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chisme. La planlc, qui donnait son nom à un nome, en était le totem. Le nome dn Térébinthe adorail le Térébinthe et le nome du Laurier-Rose adorai! le Laurier-Rose. L'arbre protégeail le nome el veillait sur lui.

2° La zoolâlrie.

Nous ne faisons ici que résumer, renvoyant les développements au chapitre suivant. Aussi haul qu'on remonte dans l'histoire de l'Egypte, on trouve le culte des animaux. Les nomes sont encore ici une révélation. Certains nomes emprunlenl leurs noms à des bêtes. Nous avons le nome des Deux-Eperviers, le nome du Mont-Serpent, le nome du Lièvre, le nome de la Gazelle, le nome du Chacal, le oome de la Cuisse de Bœuf, le nome du Veau, le nom»' de Tlbis, le nome du Silure. Chacune de ces bêtes était le totem du nome auquel elle donnait son nom.

Les historiens grecs nous parlent de la zoolatrie égyptienne '. Rappelons quelques faits. Hérodote dit que les Egyptiens ne mangeaient jamais la lôte d'un animal -. Les Tbébains, suivant le même historien, n'immolaient pas des béliers, excepté une fois par an, le jour de la fète de /eus ;;. Diodore nous apprend que les armées égyptiennes avaient pris certaines hèles pour enseignes ' : que l'éper-

1. HÉRODOTE, II. i Av-i wvi ; III. wvin : DlODOM, I, i.wmii Kl .

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