I. — DIEUX DE LA TERRE
(Juclques divinités représentent directement la terre môme, soit tout entière, soit dans nue de ses parties. Ainsi Isis de Bouto représentait, aux Egyptiens, l'humus noir de la vallée, c'est-à-dire cette partie de javallée qui est fécondée par l'inon-
dation du Nil . Il va sans dire qu'il s'agit ici des temps primitifs. A l'époque grecque, il se produit une légère modification : cette partie de la vallée est symbolisée tantôt par Isis même, tantôt par son corps. Plutarque nous l'apprend : << Les Egyptiens ont et regardent le corps d'Isis, comme la terre, non toute la terre, mais celle terre que le Nil féconde et pénètre ; de ce commerce ils font naître Ilorus » !.
La terre en général était représentée par deux ou trois dieux, et, chose étonnante, sous ce rapport, elle changeait de sexe et devenait nomme. Tandis qu'une déesse était le symbole du lunoji déposé
1. /)c hide et Osiride, \\\\ m; « 11 B'agH pour elle j Isis comme pour Oslris, de marquer ce qu'étail bob caractère originel, celui qu'elle àvail en tanl que déesse du Delta . elle devint plus une personne multiple, el contradictoire, par la confusion qu on ut, d'elle avec un certain nombre d'autres divinités (M tsi
Histoire, t. I, p. 99 n. 21).
par le Nil dans la vallée, trois dieux étaient celui de la terre prise dans sa complexité : c'étaient Phtah à Mempbis, Amon à Thèbes, Mînou à Coptos et à Panopolis. Phtah, qui était un dieu créateur, avait reçu les surnoms de Tonen, To-toai-nen, qui reposent sur la racine lo « faire » 4. Il y avait une nuance : Amon représentait particulièrement le sol^ fertile, tandis que Minou était le maître du désert 2. En pratique pourtant, on passait aisément de l'un à l'autre dieu.
D'autres dieux avaient un rôle plus modeste : ils représentaient une simple fonction de la vie, un moment dans l'existence. La déesse Na^rit était identique à l'épi mûr, au grain de blé. Son nom même Naprit signifie « grain ». Elle n'était en somme qu'un doublet. Le grain avait en effet son dieu propre qu'on voit représenté dans le tombeau de Séti Ier ; il porte sur la tête deux épis de froment ou d'orge 3.I1 est aussi mentionné dans V Hymne an Nil 4 et dans deux ou trois autres textes. La déesse Naprit, Napit, qui est représentée la tête coiffée d'une botte d'épis dans un bas-relief de la première des chambres d'Osiris, dans le grand temple de Dendérah, ne fait donc que doubler le rôle du dieu
1. Brugsch, Religion und Mythologie, p. 509-511 ; Wiedemann, Die Religion der alten JEgypler, p. 74-75.