‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 91 sur 220 · Édit. Naville, pi. cxx, lig · texte numérisé non relu

Édit. Naville, pi. cxx, lig

3. Ciiampollion, Monuments, pi. cxlv; Rosellini, Monumenli del Culto, pi. Lii-Lin, et Texte, p. 293 et suiv.; Lepsius, Denkm. iv, pi. 00, «, c, d.

Cil. V. — LES DIEUX DE LA RELIGION POPULAIRE 117

aussi, le privilège de reproduire cette scène1. Le soleil ne tardait p;is;i quitter les déesses qui l'avaient reçu ;'i sa naissance, commençai! sa véritable course visible, et s'avançait, en grandissant continuellement, « sous le ventre de Nouîl » : à midi il esl dans tout l'éclat de sa force el de sa splendeur. A partir de midi, il commence à décliner, s'affaiblit e! \ ieillit progressivement*. Il disparaît enfin à l'Occident, entre dans la bouche de Nouît, lui traverse le corps pendant la nuit, renaît d'elle le malin cl recommence son voyage de la veille3.

Dans cette course journalière, le soleil naviguai! sur des barques qui se relayaient. A peine était-il apparu à l'Orient qu'une barque le recevait cl l'emmenait aux extrémités méridionales du monde. < '.H le barque portail le nom de Saktit, Samkii l. A midi une autre barque, la MàziL Manzit, le prenait cl le transportait dans le pays de Manon, à l'embouchure de l'Hadès 5. D'autres barques, dont on ne connaît pas le nom, le conduisaient dans son voyage nocturne, (le dernier détail n'est cependant pas confirmé par tous les documents. Ainsi, les formules du Livre de savoir ce qu'il y a <i<i/is VHadès déclarent que la barque Saktil conduit le soleil, même durant

1. Mvkii 111:, Monuments divert, pi. i.w i, <•( Texte, p. !" Il

2. Bri gsch, />/'<■ Kapitelder Verwcutdlungen, dans la ZeUechrift^ 1867, p. 21-26.

3. Maspero, Êtadea de Mythologie, t. il, p. 218, n l. Teti, lit;. 222 ; Papi l'\ lig. :<7<). 670, «Mr.

r>. '/'<•//, Rg. 222, 228, 344, etc. ; cf. Bai o» m. Dictionnaire > glyphique, p. 1327-1328.

une partie de la nuit. Ce n'est que pendant les quatrième et cinquième heures qu'il change de barque j. Lorsqu'on voulait préciser, on arrivait à deux conceptions. Tantôt le soleil était seul sur la barque, et alors les barques elles-mêmes, subitement changées en fées, se dirigeaient toutes seules, sans aucun pilote. Certaines vignettes représentent la barque où le soleil est tout seul 2. Tantôt ces barques avaient un équipage complet, absolument semblable à celui des barques égyptiennes qui sillonnaient le Nil. Dans la plupart des cas, la barque, qui emportait le soleil, naviguait, sans obstacles et sans encombres, sur les eaux du fleuve céleste, aux acclamation^des divinités qui se tenaient sur les deux rives. Quelquefois elle rencontrait sur son chemin un redoutable serpent Apopi. On était obligé d'engager contre lui une lutte à mort. Durant cette lutte, les hommes de l'équipage, qui voyaient le soleil défaillir, se donnaient toutes les peines et faisaient les plus grands efforts pour le secourir et l'empêcher de succomber, et pour mettre le monstre en fuite. Naturellement ils réussissaient toujours ; et après quelques moments d'inquiétude et de détresse, on voyait Râ surgir de nouveau de son ombre et reprendre sa course triomphante, et Apopi disparaître dans l'abîme. On a compris la signification de cette lutte ; c'est un mythe, dont on trouve des traces dans

Page 1