‹ La Religion de l'Egypte ancienneChapitre 92 sur 220 · Maspero, Éludes de Mythologie, t. II, p. 69 et suiv · texte numérisé non relu

Maspero, Éludes de Mythologie, t. II, p. 69 et suiv

2. Ainsi Le livre des morls, édit., Naville, pi. xxx, La, Ag, pi. cxni, Pe, cxxxin, Pa, cxlv.

CIL v. — LES DIEUX DE LA RELIGION POPULAIRE 1 19

d'autres religions : c'est la lutte entre la lumière et les ténèbres1. Parfois, mais très rarement, A.popi triomphe de Ra, et ce triomphe est un autre mythe, qui signifie l'éclipsé solaire -. Dans une autre légende, le combat prend unaspecl différent : 1<- serpent nommé Ilaiou, al laque le >o1<m 1 , « figuré par un àne sauvage et courant autour «lu monde, Mule flanc des montagnes qui étagent le ciel » :;.

Tout un cortège de divinités escortait le soleil dans sa course. Le roi s'avance majestueusement, entouré de sa cour. Le premier dieu qui entrail «-n scène était un satellite de notre système planétaire. Le disque de la lune, Jâoahou, Aôuhou, monté sur sa barque, suivait le soleil, à douze beures de distance. Les peintures nous représentent le dieu Lune, identifié à Thol, assis seul dans sa barque, sous forme d'homme à tête d'ibis ou de disque lunaire 4. Plutarque nous apprend d'ailleurs que le soleil cl la lune, pour accomplir leur navigation, se servaient non de chars mais de barques . Semblable à un véritable caméléon, le dieu-Lune prenait, lui aussi, une multitude de formes. Tantôt,

1. Chahpollion, Lettres écriiez d'Egypte, '1° édit. 1833, p. I et suiv.

2. Lefébi i;i , Les yeux cT Bonis, j>. 19 el suiv. : Li pagi -Ri noci . The éclipse in egyptian Texls, dans les Proceedings, lssi ix>i p. 163 et suiv. Sur ce mythe en général, voirE. Caylob, 2 Usât ion primitive, i. i, p. 376 et suiv,

:;. Maspero, Histoire, i. I, p. 91, n. I : Ounas, .-n 545 . </<■* morts, ebap. m, édit. Naville, t. I. pi. 1 1\

l. Lanzone, Dizionario di Mitologia, pi. kxxvii xxxviii. :>. n - Isid. cl Osir. xxxiv.

c'était un homme né de Nouît, et, dans ce cas, il nous apparaît portant le disque lunaire sur la tête et pressant contre sa poitrine l'œil lunaire i. Il ne faut pas s'étonner si le dieu lunaire est fils de Nouît. Les textes ont mis en lumière le lien de parenté entre Thot, Sibou et Nouît 2 : on y voit que Tbot est le frère d'isis, de Sît et de Nephthys ; plus tard Thot devint fils de Râ 3. Tantôt le dieu lune était un cynocéphale ou un ibis A ; ce souvenir dura assez longtemps ; même à l'époque gréco-romaine un ibis sacré était renfermé dans le temple de Thot à Khmonou ; cet ibis incarnait le dieu ; les employés du temple l'avaient montré à Apion ; quoique n'y croyant pas, ce dernier rapporte le fait 5. Tantôt enfin c'était l'œil gauche d'Horus. Le disque lunaire rencontrait, lui aussi, dans sa course, des ennemis décidés à le combattre ; le crocodile, l'hippopotame et la truie ne cherchaient qu'à le harceler. Le 15 de chaque mois, le moment de la pleine lune, était pour lui le moment le plus critique. La truie se précipitait sur lui, l'arrachait au visage céleste dont il était l'œil gauche et le précipitait, couvert de sang et de larmes, dans le Nil. Le chapitre cxm du Livre des

1. Lanzone, Dizionario di Milologia, pi. xxxvi, 2,4 ; Wilkinson, Manners and Cusioms, 2e édit. t. III, pi. xxxvi, 3 et p. 170, n° 54.

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