‹ La Religion de MiltonChapitre 10 sur 35 · POP EE · texte numérisé non relu

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le maladroit épiscopat d'Abbott (1610-1630), pendant lequel l'opposition puritaine à l’Église s’identifie avec l'opposition parlementaire à la couronne, il est certain que l'Église, — si elle voulait rester Église —, avait besoin d'une main énergique au gouvernail. Le principe historique s'effritait; les liens avec le passé se relâchaient. Les puritains qui apportaient la vie d'une main, de l’autre préparaient la mort historique de l'institution nationale. Laud vint à son heure. En 1589, ilétudiait à Saint-John’s,Oxford. C'était un esprit étroit, imprudent et impolitique. Hallam dit, en parlant de son journal, qu’ « il ne peut pas y avoir d'œuvre plus méprisable ». Il s'y montre partout comme un enfant, avec une absence totale de sens commun; ce qui est certain, c’est que Laud était un composé étrange de faiblesse intellectuelle, de très grande disposition au travail et d'aptitude énorme aux affaires.

Il savait que plusieurs dangers menaçaient l’Église : il savait qu’elle se corrompait, et les efforts des Puritaius pour transformer l'Église à leur image. IL savait aussi que la discipline n’existait plus. Il pensait que, sans discipline, il ne pouvait y avoir de corps constitué. Et peu à peu, versant dans l’excès contraire à celui des Puritains. qui s’imaginaient que l’émotion fait toute la religion, Laud en vint à croire que toute la religion peut se résumer dans la discipline. C'était chez lui une idée fixe. La discipline, c’est pour lui la seule chose nécessaire. Puis, avec sa haute conception du devoir,

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