‹ La Religion de MiltonChapitre 12 sur 35 · KA · texte numérisé non relu

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Milton sort de l'incident des ordres ce qu'il était avant, fidèle — sinon à l’exagération du système ecclésiastique — du moins à l’Église. Et la retraite d'Horton semble continuer le cours paisible et tranquille de cette vie studieuse que Milton avait déjà consacrée à ce qu’il mettait sûrement (à ce moment-là) au-dessus des querelles ecclésiastiques, la gloire littéraire. C’est toujours Milton imaginatif et rêveur qui contemple la tranquille campagné d'Horton, qui lit du latin et du grec, qui s’enivre de Platon. La raison éclairée qui l’anime, le large esprit de la Renaissance païenne qui modère chez lui l'esprit de la Réforme, ont fui cette fois les querelles qui abaïssent et Milton est revenu à la nature, au rêve, au monde enchanté. C’est ce courant-lk de la pensée du poète qui se révèle sous deux charmants aspects dans l’Allegro et ie Penseroso. L’Alleocro, c’est la vision délicieusement païenne, avec ses dieux et ses déesses, ‘sa riche nature, ses éblouissements de la chair. La vigne et l’églantine y fleurissent dans une fantaisie prenante de couleurs et de sons : chant des laboureurs, des moissonneurs, de la laitière et du herger, pastorale parfumée. C’est la vision d’un monde heureux par les sens : fêtes ensoleillées jusqu’ ce que l’'astre tombe, danses sous la lune et les sombres feuilles, histoires de lutins et de fées, musique, hyménée, joies des sens. Puis, c’est ce délicat Penseroso, si païen aussi, mais si différent de l’Allegro dans son paganisme même. Milton y chante la mélancolie au lieu

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