‹ La Religion de MiltonChapitre 18 sur 35 · TS · texte numérisé non relu

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demment, il avait les yeux fermés à l'intolérance écossaise; comme Bodin, il s'imaginait que le presbytérianisme est « le seul véritable gouvernement d'Église pe En 1642, Milton est évidemment presbytérien. Et dans son enthousiasme, il nous fait l’utopique tableau des nouveaux ministres du culte. Il les rêve mettant plus haut que de « sordides salaires » 1’ « obéissance à la parole de Dieu, la conversion des âmes, la paix chrétienne du pays. » Et comme, « en matière de religion, il n’est rien de plus intolérable qu'un savant imbécile », qu'on nous donne « un homme simple, sans science, qui vit bien selon les lumières qu'il a ».Comme tout doctrinaire, Milton se contredit. Il veut des ministres qui ne soient pas savants, et il leur demande de connaître le grec et l’hébreu ; il affirme que tout chrétien peut élire un ministre, qu'il suffit pour cela d’examiner la vie du candidat etde vivre une vie chrétienne : mais je vous le demande, qui fera passer au postulant ses examens d’hébreu et de grec ? Ainsi, l'utopie et le bon sens s’entrechoquent dans l’esprit de ce réformateur. La porte est ouverte toute grande aux innovations. Elles vont s’y presser de toutes parts.

Car en religion, comme en tout ce qui concerne les hommes, tout se tient et tout se transforme. Les évêéques une fois dépêchés, le cadre une fois disloqué et remanié, on se familiarise avec la substance, on eritique et on taille.

Milton revendique justement pour les sermons une place plus importante. Il réclame avec raison des

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