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décisif au système mounacal et s’attaqua au pouvoir temporel des ecclésiastiques. Mais la réforme était nulle au point de vue dogmatique, puisque le Bill des 6 articles (1539, ordonnait le célibat du clergé et la confession auriculaire et affirmait la Transsubstantiation. Seule, la diffusion de la Bible en anglais pouvait mettre en l'âme du peuple un levain dont on ne soupçonnait pas la puissance; par elle, les laïques allaient trouver accès à des questions qui jusque-là étaient restées le domaine exclusif du clergé.
Henri VIITL avait donc pris soin de ne rien changer aux doctrines de la vieille Église catholique. Mais, consciemment ou non, il avait entr ouvert la porte aux innovations. Et le règne d’Édouard VI, le roi en bas âge, vit les progrès manifestes de ce qu'on appelle le protestantisme. C’est l’époque favorite de Milton (ses pamphlets nous le rappellent souvent), où les théories continentales, franchement révolutionnaires, s’incroduisent en la conservatrice Angleterre. C’est le moment où Somerset taille de ci de là dans les vieilles coutumes du catholicisme. Alors, l'anglais remplace le latin dans les prières (1547), les images sont détruites, la messe est abolie, les prières des morts sont défendues. Le
l'autorité de la Bible, et met l'Écriture au-dessus des docteurs. C’est presque un Milton avant la lettre. L'Évangile pour lui est avant tout la révélation du devoir pratique, dont l'essence est la loi de charité. Comme Milton, Wycliffe soutient que le clergé doit être pauvre, que les dimes ne sont que des aumônes facultatives, et qu'il n'y a pas de différence entre le peuple et le clergé.