A. Colin, éditeur
bien à 45, 50, voire 55 ans — et à les maintenir en fonctions, fors le cas de maladie ou d'infirmités, jusqu'à 70 ans et même plus. Mesure conforme à la justice, à la logique, à la raison. Car il y a évidemment quelque chose de choquant dans le fait de voir un adulte dans la force de Tàge rafraîchir les saignées d'un accotement, curer sans hâte un bout de fossé, ou balayer la poussière de la chaussée, alors qu'un tâcheron sexagénaire trime durement d'un soleil à l'autre, aux pires métiers de force, incertain du lendemain. Et il n'est pas moins pénible que d'anciens cantonniers, remerciés à 65 ans avec une retraite ridicule, soient obligés à redevenir journaliers... Au demeurant double avantage de bras vigoureux conservés à la production et d'hommes vieillissants que les grands labeurs ont fatigués, trouvant enfin, dans un emploi en rapport avec leurs moyens, la sécurité de leurs dernier.s ans. Qui peut dire quune telle perspective ne ferait pas demeurer à la terre un nombre important de salariés ?
Mais les administrations intéressées se montreraient certainement hostiles à semblable tentative, parce que chaque administration vit pour elle-même, non en fonction de la vie générale, et n'a cure de la logique, du bon sens et de l'humanité !
par L. HouLLEViGUE (Université de Marseille.)