CHRONIQUE DES LETTRES CONTEMPORAINES
Un nouveau critique : M. Fernand Vandérem,
par J. Ernest-Charles
La France compte, n'est-ce pas, un critique de plus. Et bientôt le plus décrié des genres littéraires — • qui est la critique littéraire, n'en doutons pas — sera aussi le plus cultivé.
Bref, le critique dont nous saluons l'avènement un peu inattendu est M. Fernand Vandérem, auteur du Miroir des Lettres. Il me semble que ce titre est particulièrement sig^nificatif, car, dans ce miroir, M. Fernand Vandérem se plaît à se regarder. Non que sa complaisance soit impertinente. Mais M. Fernand Vandérem, romancier, auteur dramatique, écrivant soudain et même impromptu des études de critique littéraire, laisse le plus naturellement du monde se refléter dans ces études tout ce qu'il sait, tout ce qu'il pense, tout ce qu'il veut, et ses goûts et ses prédilections et ses habitudes mêmes. Il se place à son insu au centre de ses études ou, si vous voulez, devant son miroir, le miroir des lettres. Et il cause.
M. Fernand Vandérem a écrit les plus aimables chroniques. Chroniques parisiennes sur le temps présent. Les chroniques qu'il écrivait étaient déjà, sont encore, des causeries. On prétend que l'art de la conversation se meurt en France où il a fleuri avec tant de grâce. On le prétend à tort. L'art de la conversation ne disparaît point: il se transforme. Et les causeurs, que l'on n'écoute plus guère dans les salons distraits et enclins à redevenir barbares, s'épanchent dans les chroniques et jusque dans la critique littéraire. Ah! nous ne manquerons p.as de critiques désormais ! M. Fernand Vandérem est l'un d'eux, le dernier venu, mais non le moins attrayant, certes! Et il lésait bien ! H le sait si bien que, par la force des choses et selon le penchant irrésistible de la nature iiumaine, il s'écoute un peu parler.