II. — Le désir du Bien
Tout homme désire être heureux. Quand il s’agit de connaître la vérité, personne n’est assez ardent pour redouter l’erreur comme un mal. Tout au plus sommes-nous « fâchés ))^ dans notre amourpropre quand le philosophe prétend seul détenir une vérité dont, au fond, nous n’avons que faire. « Mais quand il s’agit des choses bonnes, personne ne se contente d’en posséder d’apparentes ; au contraire, ce sont les biens réels que tout le monde recherche, sans attacher aucun prix, dans ce domaine, à l’apparence^. »
Il est clair pour tous que le bonheur consiste à posséder beaucoup de bonnes choses^ : richesse, honneur, pouvoir (biens extérieurs) ; santé, beauté, force, adresse (biens du corps) ; courage, tempérance, intelligence (biens de Vâme)^, Ajoutons qu’il ne suffit pas