‹ La religion de PlatonChapitre 102 sur 164 · Tint, y 90 a · texte numérisé non relu

Tint, y 90 a

toire, insoluble avec nos moyens d’investigation^, elle peut être projetée sur le plan historique. Étant instruits par les «anciennes traditions » des fléaux divers, inondations et épidémies, qui ont décimé le genre humain et provoqué les alternances des civilisations, nous pouvons placer la « première » incarnation des âmes dans l’une de ces sociétés primitives dont les membres ne connaissaient « ni constitutions, ni gouvernements, ni arts ni lois » et, ignorant les tentations de la pauvreté et de la richesse, étaient « vertueux pour ces raisons et à cause de ce qu’on nomme simplicité y>^. Telle est la première naissance, « identique pour tous », qui produit des êtres à peine différenciés, indistinctement bons. Puis, de même que la Cité idéale®, cette société primitive évolue et se développe dans le sens d’une différenciation qui va donner naissance aux inégalités des caractères, aux vertus et aux vices^. L’évolution qui plonge l’être dans le devenir va toujours à rebours et, aussitôt la naissance réussie, s’achemine vers la corruption.

C’est donc au cours de leurs incarnations que les âmes s’individualisent et se fixent en caractères. Processus de multiplication et, souvent, de dégradation comparable à celui par lequel la Forme « uniforme » produit dans le « porte-empreinte » une infinité d’images, plus ou moins obscures. Alors que la vertu est une, le vice se manifeste sous des formes innombrables®. Les âmes jetées dans des corps déchoient de

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