‹ La religion de PlatonChapitre 104 sur 164 · Lois, V, 731 d sqq · texte numérisé non relu

Lois, V, 731 d sqq

exigences du Bien. Mais est-il vrai que Tâme immortelle soit sans caractère propre ?

Les âmes tiennent le milieu entre les Formes et les sensibles^. Alors que chaque Forme est unique, les âmes sont multiples. Mais cette pluralité est fixe ; elle n’est pas, comme celle des images, infinie. Et elle n’est pas non plus, comme celle des images, signe d’imperfection. Tout au contraire, la pluralité des âmes, déterminée par le nombre des divinités astrales^, réalise cette supposition, contradictoire et impensable si on voulait l’appliquer aux Formes^ : une pluralité d’êtres absolument égaux en essence, en dignité et en valeur.

Mais cette pluralité indistincte ne tardera pas, avant même d’être disloquée par la cause errante, à se diversifier. Le Démiurge attribue chaque âme â un astre, puis, « il leur enseigne la nature du Tout » ; ou encore les âmes font cortège aux astres pour s’initier au spectacle des Réalités divines*. C’est dans cette « distribution » que réside, pour les âmes, le principe d'individualion. Et l’on voit aussitôt que cette individuation n’est ni faute, ni dégradation. Elle est analogue à la diversité des astres : les révolutions des corps célestes se distinguent entre elles, sans que ces différences engendrent, comme chez les mortels, dissensions et injustices. Elles s’harmonisent entre elles et recomposent, conjointement, l’unité de

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