Tim., 41 e déb. ; Phèdre, 248 a, c
L’iNDIVIDUAUTÉ des AMES
rUnivers, afin que « le Monde, Cosmos au vrai sens du terme, soit diversifié dans sa totalité
Cette différenciation préempirique des âmes va donner lieu, ici encore par une sorte de procession, à la diversité des caractères. Les astres, également bons, conviaient les âmes qui leur faisaient suite à la même vision des mêmes Réalités éternelles. Mais, tombées dans des corps mortels, les âmes subiront l’action de la cause errante qui pèsera sur leurs caractères également bons, les fera dévier et sortir de leur perfection originelle et pourra tourner leur fidélité en caricature et en faute. C’est ainsi que l’âme qui fut initiée à la suite de Jupiter gardera plus de constance et d’aplomb dans les tourments de l’amour ; celle qui fut la servante de Mars, cédera à l’emportement et s’égarera jusqu’au meurtre et, d’une manière générale, « selon que telle âme fut le choreute de tel dieu, elle honorera ce dieu-là et essaiera de l’imiter le plus possible dans sa vie y>^.
Ce texte traduit une croyance plutôt qu’une doctrine. Il n’implique ni n’appelle ni ne favorise la pratique de !’« horoscope ». Il ne s’agit pas de prédire notre destinée, ni même d’expliquer en détail tel caractère par telle étoile. Mais il y a bien l’idée (qui n’accepte de se préciser qu’à la faveur du mythe) que l’individualité des âmes est garantie par l’ordre cosmique, Dans son effort de purification, la dialectique tend à dominer nos passions, à rendre au principe rationnel son indépendance à l’égard de l’âme mortelle, laquelle, justement, ne fait pas notre indivi-