‹ La religion de PlatonChapitre 108 sur 164 · Lois, X, 904 c-e · texte numérisé non relu

Lois, X, 904 c-e

Symbolisme et science s’efforcent conjointement de traduire les correspondances entre les âmes (montant ou descendant les degrés du savoir et de la vertu) et les lieux cosmiques. Nous avons rencontré une idée analogue dans la théorie évolutionniste à rebours par laquelle le Timée explique la naissance des bêtes. La ferme croyance qui s’exprime dans ces récits et l’exhortation à la justice où ils trouvent leur conclusion confèrent une vérité indubitable à ces contes, au point que Socrate peut à la fois dire qu’il « ne sied pas à un homme sensé » de prétendre qu’il en est de tout cela réellement cqmme le mythe le décrit, et affirmer, contre Calliclès et son immoralisme inintelligent (ce qui, pour Platon, serait d’ailleurs un pléonasme), que le mythe est un logos^. Il faut ajouter que tout ce qui, dans ces récits, peut sembler au premier abord jeu gratuit de l’imagination devient un idéal très précis dans la science politique, quand il s’agit pour le chef d’État d’établir les correspondances entre tel citoyen et telle classe sociale, tel métier, telle situation. Les lois harmoniques issues des Formes gouvernent l’Univers entier et agissent partout et toujours les mêmes, dans le Ciel, dans l’organisation de la Cité, dans l’activité du moindre artisan. Elles assurent la cohérence du Tout^ et fixent à chaque âme, incarnée^ ou libre du corps, la place qui lui convient.

Les fréquents rapports que Platon établit entre la cosmologie et la psychologie (politique ou eschatologique) pourraient faire croire que l’Univers platonicien a pour principal but de fournir aux voyages des

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