‹ La religion de PlatonChapitre 109 sur 164 · Cf. LoUy X, m a-b · texte numérisé non relu

Cf. LoUy X, m a-b

l’ame et l’univers

âmes un vaste décor de paysages variés. De fait, rUnivers n’est ni anthropocentrique; ni « psychocentrique ». L’Univers ne porte même pas son centre en lui-même ; le Modèle intelligible n’a pas été imaginé par le Créateur des Formes à seule fin de servir de a modèle » au Démiurge. L’existence n’est jamais « en vue de » la genèse^ ; c’est la copie qui a pour fin le modèle, non inversement. Dès lors, comment les âmes humaines, inférieures aux Formes, dépendant du Démiurge, créées après les divinités astrales, seraient-elles la fin de l’Univers ? -- Le finalisme dont fait preuve le Timée dans l’explication, en particulier, du corps humain ou encore des plantes^^ a pu donner le change à certains interprètes. Il est vrai que le principe du meilleur s’impose à chaque échelon de la réalité et organise, de degré en degré, l’inférieur en vue du supérieur et, d’une manière générale, la Matière en vue des Formes. Mais, en accord avec ce principe, l’homme ne devient une fin qu’à un niveau assez bas de l’échelle, dans le cadre d’un Univers déjà existant et dont la fin, loin d’être l’homme, ni paême l’âme humaine, est placée au-dessus de cet Univers. Le soleil, par exemple, n’a pas été créé, comme le veut le Socrate xénophontique, pour la commodité des hommes, ni les étoiles pour nous « indiquer les heures de la nuit et pour nous permettre de nous livrer à bien des occupations nécessaires »^. Le soleil et les planètes n’ont d’autre fin que de fournir au temps, « image mobile de l’Éternité », des mesures visibles^.

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