‹ La religion de PlatonChapitre 111 sur 164 · VII. — Le Culte spirituel · texte numérisé non relu

VII. — Le Culte spirituel

Avant de s’incarner pour la première fois, l’âme s’adonnait tout entière au spectacle des Formes divines et, à présent, son salut exige qu’elle rompe le cycle des naissances pour retourner à sa condition originelle. De cette condition perdue et promise qui fixe le statut métaphysique de l’âme, il découle pour l’homme cette exigence : pratiquer la philosophie^. Dans l’effort dialectique, l’homme découvre sa fonction propre ; dans la réminiscence il restaure la vision des réalités; dans l’amour philosophique, il défait les liens de sa condition charnelle et devine les « amours inimaginables qui, jadis, l’attachaient à l’Être. La philosophie ne néglige ni ne méprise aucune parcelle du savoir, car c’est ainsi seulement qu’elle parvient à « l’essence entière », c’est-à-dire au Bien dans son déploiement infini et dont elle devra recueillir soigneusement les moindres manifestations qui en procèdent®. Nous avons vu que la science de l’Être est une science religieuse^.

(( Il est impossible », disent les Lois, « qu’un mortel acquière une piété ferme, s’il n’a pas compris ces deux points dont nous avons parlé : tout d’abord que l’âme est le plus ancien des êtres qui participent à la génération, qu’elle est immortelle et qu’elle gouverne tous les corps, ensuite (nous l’avons dit plusieurs fois) qu’il y a dans les astres une Intelligence qui gouverne les êtres ; enfin il doit connaître les

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