ApoL, 29 e 1-2 ; Phéd., 115 b
LE CULTE SPIRITUEL
et : (c le Dieu l’a donnée à chacun de nous comme un génie divin ( démon )^. »
La théorie de la division de l’âme est une analyse géniale des données de la conscience et, aussi longtemps qu’elle demeure une théorie strictement psychologique, ne soulève aucune difficulté intrinsèque. Dans cette lutte que soutiennent les différents principes de l’âme, le moi semble passer d’un principe à l’autre, et l’engagement apparaît comme un dialogue violent que l’âme se tient à elle-même et dont elle fournit, à tour de rôle, les interlocuteurs. Aucun problème donc ne se pose au sujet de l’égoïsme. On dira, avec Aristote, que l’égoïsme répréhensible, c’est l’amour et l’indulgence du méchant pour ses passions mauvaises ; au contraire, !’« égoïsme » bon, l’amour vertueux de soi, c’est, dans l’âme du juste, le commandement de l’intelligence et la maîtrise de soi. D’où il est évident que « l’homme de bien doit s’aimer lui-même (car il tirera avantage de sa belle conduite et rendra service aux autres), mais le méchant ne le doit (car il nuirait à lui-même et à ceux de son entourage, en suivant ses penchants vicieux) ))^. Mais autre chose est de dire que l’âme possède un principe rationnel, autre chose de dire qu’il y a un dieu en nous. L’homme ne peut plus alors s’identifier sans réserves à ce principe divin. Les injonctions qu’il en reçoit, et même l’obéissance qu’il leur témoigne, il ne peut plus se les attribuer à lui-même ; ce n’est plus lui qui remporte la victoire, c’est le dieu en lui. Et cela requiert une absence de démesure si rare et