Théét, 176 b ; Lois, IV, 716 ckJ
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Même lorsque nous atteignons au seuil de la perfection, il n’y a nulle exaltation du moi. Au moment où notre ressemblance avec le dieu semble le plus achevée, jusqu’à se fondre dans une identité essentielle, l’homme confesse qu’il n’est point dieu, que ce qu’il y a de divin en lui n’est pas lui-même, mais un démon^ autre que lui, offert à son adoration et à son culte, mais non à sa domination ni à son orgueil. L’amour de soi dont la forme la plus élevée est le sentiment de l’honneur, ne peut inspirer qu’une « vie grossière », au prix de l’amour qui veut « rendre honneur »^, plutôt que d’être honoré. On songe à Thémistocle attribuant aux « dieux et aux héros »2 la victoire dont il fut le principal artisan.
Dans la prière également, l’homme doit lutter contre « ce désir universel... que les choses arrivent au gré de sa propre volonté »^. Au lieu de demander aux dieux l’exaucement de ses désirs, souvent déraisonnables^, au lieu de vouloir forcer la main à la divinité, par des sacrifices ou des pratiques de magie®, l’homme doit d’abord apprendre à prier, apprendre ce qu’il faut demander : la sagesse®. Dans la prière non plus, la religion ne peut être séparée de la philosophie. Le dialecticien, en quête des Formes, prononce des prières et des invocations, de peur que sa propre ignorance ne se substitue au savoir d’en haut pour ré-
1 . Phèdre, 256 b fin-c, ; la décadence de la Cité idéale commence lorsque les gouvernants substituent à l’amour de la sagesse l’ambition et l’amour des honneurs.