Eulhyd., 291 b 5 : c 8, et Polit, 305 ci
pliquera, non à n’importe quel objet, non à un « bien » quelconque, mais à l’objet suprême (s’il existe). Car, de même que les sciences, les choses se hiérarchisent les unes par rapport aux autres. Tous les biens ne nous sont pas chers au même degré ; il en est que nous désirons à titre de remèdes, ou encore comme des moyens en vue d’autres biens. On peut distinguer aussi les biens que nous aimons pour eux-mêmes (comme les plaisirs de l’odorat) et ceux qui, telles la vue ou la santé, sont appréciés et pour eux-mêmes et pour les avantages qui en découlent. Mais, en y regardant de près, on s’aperçoit que tout bien tend au delà de lui-même, qu’il appelle un lendemain à la préparation duquel il peut servir, mais auquel il ne peut jamais se substituer. Tous ces biens-(( fantômes » « trompent notre désir ; recherchés « en vue » d’autres biens, ils appellent un bien dernier, aimable pour lui-même et « terme stable de nos errements. Il est clair que seul ce bien suprême pourrait fournir à la « science royale » un objet digne d’elle^.
On ne saurait parler du bonheur sans compter avec le temps où il se construit. C’est dans le temps que nous alignons, les uns après les autres, les biens éphémères et que nous travaillons à l’avènement du bienterme. Et si peu que nous sachions encore de ce bien suffisant, nous souhaitons qu’il soit toujours à nous^. Le désir du bonheur veut l’éternité de l’objet et l’immortalité du sujet. Voilà qui, une fois de plus, met