‹ La religion de PlatonChapitre 125 sur 164 · Polit. f 269 c sqq. ; Lois, IV, 713 e sqq · texte numérisé non relu

Polit. f 269 c sqq. ; Lois, IV, 713 e sqq

Relatant la genèse de TUnivers, Timée s’aperçoit qu’il parle « un peu au hasard y>^ : au lieu de décrire d’abord le corps visible du Monde, il eût fallu commencer par la naissance de l’âme, car l’Ame du Monde est plus ancienne que son corps et lui commande en maîtresse. De même, l’origine de la Cité est attribuée d’abord aux besoins qui contraignent les hommes isolés à mettre leur travail en commun^. Plus tard seulement, on comprend que la condition la plus nécessaire à l’existence de l’État ne réside ni dans les artisans, ni même dans le, corps des citoyens, mais dans les gouvernants^. — Toute la substance corporelle entre dans la composition de l’Univers, afin que l’Univers soit unique, parfaitement achevé et qu’il ne subsiste rien qui, de l’extérieur, puisse l’attaquer et lui arracher quelque partie consubstantielle^. La Cité des Lois ne saurait éviter toute relation avec les autres Cités du monde grec. Mais sa perfection n’a rien à gagner au contact des États qui, tous, sont si mal gouvernés qu’ils ne méritent même pas le nom ni le titre d’État®. L’autarcie de la Cité s’établira donc par tous les moyens : fortification’constante des frontières®, réglementation sévère des voyages à l’étranger’, usage d’une monnaie qui n’ait cours que sur le territoire national*.

Pour que l’Univers puisse subsister sans dommage,

Page 1