CITÉ ET UNIVERS
toutes ses parties doivent s’harmoniser exactement, de manière que le Tout soit unifié et qu’on puisse le dire « doué d’un amour suffisant pour lui-même La Cité, elle aussi, devra s’unifier dans la « concorde » et r« unanimité et devenir, comme l’âme parfaitement harmonisée, « amie d’elle-même ; le même événement devra susciter chez les .citoyens mêmes joies ou mêmes afflictions ; la propriété personnelle sera suffisamment réduite pour ne pas constituer une source intarissable de dissensions^ ; toutes les « passions ))® seront orientées, le plus possible, vers le bien commun, afin de ne pas attenter à l’unité de l’État.
La cohésion du Monde est assurée par des^ lois harmoniques ; le Démiurge fait surtout œuvre de calculateur®. La science de l’arithmétique est nécessaire, non seulement aux gouvernants, mais, jusqu’à un certain degré, à tous les citoyens"^. Outre son utilité pratique évidente, elle permet de régir la Cité d’après les lois harmoniques qui règlent, le mouvement de l’Univers et de l’intégrer dans l’ordre cosmique®.
La régularité des révolutions célestes suppose des astres en nombre déterminé® ; seules des âmes dont le nombre est constant peuvent assurer une circulation régulière de la vie dont elles sont porteuses^®. De
1. Tim., 34 b 8. — Cf. E. Bréhier, Science et Humanisme^ p. 59 et n. 2.