‹ La religion de PlatonChapitre 127 sur 164 · Ibid, ; Rép., X, 611 a ; Phéd., 70 c sqq · texte numérisé non relu

Ibid, ; Rép., X, 611 a ; Phéd., 70 c sqq

LA RELICxION DE PLATON

même, le nombre des citoyens, ou plutôt des foyers, doit être invariable. Fixé en fonction de l’étendue du territoire, se prêtant à des subdivisions commodes, ce nombre sera maintenu par le droit successoral. Si une surabondance de naissances devait compromettre l’équilibre essentiel de l’État, on s^en débarrassera pacifiquement en déversant ce trop-plein dans une colonie^. Pareilles mesures, inutile de le rappeler, correspondent avant tout à des intentions politiques et économiques, d’ailleurs courantes dans l’antiquité, au point que l’on a pu parler d’un « malthusianisme en Grèce ))^. Mais il faut noter également qu’elles s’accordent à la fois avec le mysticisme des nombres et avec des vues cosmologiques très précises.

L’Ame du Monde « étendue partout, depuis le centre jusqu’à l’extrémité du Ciel et enveloppant le Ciel du dehors ))^, « maintient tout ; les divinités astrales ne se désintéressent d’aucune parcelle de ce monde confié à leur sollicitude®. Les chefs d’État eux aussi auront l’œil à tout, et le principe gouvernemental est clairement formulé : « Dans la mesure du possible, rien ne devra être laissé sans surveillance®. » Ce principe est conforme à la fois à l’ordre cosmique et au gouvernement de l’Intelligence divine dont la légende nous a conservé le souvenir’. Il faudrait le détacher de ces deux sources où il puise son inspira-

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