Bép., IV, 427 c ; V, 469 a ; VII, 540 c ; Lois, passim
T FKLIGION DE PLATON
la Divinité nous révèle les procédés par lesquels la Raison persuade la Nécessité et lui impose un ordre stable.
Parmi les traditions, les plus vénérables concernent la religion. Déjà la République, pourtant construite selon les seules exigences intelligibles du Bien, a fait dépendre l’établissement de la religion, non pas de la dialectique, mais de la tradition et de l’oracle de Delphes ; elle avait même appelé les lois relatives au culte « les plus importantes, les plus belles et les premières ». Ces lois portent sur la fondation des temples, sur le culte des dieux, des démons et des héros et sur le culte des morts^. Les Lois conservent fidèlement co code de la religion et interdisent au législateur d’y rien changer^ Mais, prolongeant la République, elles montrent concrètement comment ce code régira la vie de la Cité et comment la religion pénètre la politique. L’ensemble du territoire national ainsi que chacune des circonscriptions administratives sont consa/crés à une divinité^ ; les assemblées se tiennent dans les sanctuaires^ ; certains hauts fonctionnaires sont investis de la prêtrise^ ; l’année est divisée en portions marquées par des fêtes que multipliera le législateur, d’accord avec l’Oracle, afin qu’aucune divinité ne soit négligée dans le calendrier liturgique®.
Les divinités auxquelles s’adresse le culte officiel sont surtout les dieux olympiens et nationaux, les