LA TRADITION
démons et les héros^. Les divinités astrales, si importantes dans la cosmologie du Timée, « ne sont pas à proprement parler l’objet du culte public ; de même que le Phèdre leur attribue les noms des divinités homériques^, la prétendue* apologétique des Lois, après avoir scientifiquement prouvé la divinité des astres, passe insensiblement aux « dieux qui habitent l’Olympe w® ; c’est à ces derniers qu’elle attribue la justice et la providence dont il eût été difficile, devant l’opinion vulgaire, de faire hommage aux divinités astrales.
En maints endroits, les Dialogues avaient protesté que nous ne savons rien des dieux®, que nous les imaginons seulement’, qu’il faut s’en remettre aux poètes qui se disent descendants des dieux, « quand ils assurent qu’ils débitent là leurs histoires de famille ))®. Ainsi a dû juger la raison, parce qu’elle ne pouvait fonder aucune science ferme sur des traditions poétiques souvent choquantes et, pis encore, contradictoires ; aucune opinion, si antique soit-elle, ne renferme une vérité sûre et qu’on doive soustraire à la vérification. Mais dans la démarche descendante et dans l’action, la dialectique retrouve, comprend et revalorise les images et les opinions qu’il a fallu mettre
. 1. P. ex. IV, 717 a-b. — Cf. cependant XII, 945 e sqq. (Hélios et Apollon).
2. O. Reverdin, La Religion dans la Cité platonicienne, Paris, 1945, p. 55 ; cf. plus loin p. 124, n. 1.