‹ La religion de PlatonChapitre 139 sur 164 · VII, 817 b · texte numérisé non relu

VII, 817 b

CULTE ET SENTIMENT RELIGIEUX

le poème dramatique ne saurait entrer ni dans l’éducation civique ni dans le culte. Et Platon oppose aux tragédies des « chants de bon augure », hymnes ou prières consacrés aux dieux, aux démons, aux héros et aux hommes de bien morts dans la justice^.

La musique, en effet, représente, elle aussi, des actions, dont Platon nous dit qu’elles sont soit violentes soit volontaires^. Or dans les deux cas, il faut agir selon certaines normes qui s’exprimeront dans les modes musicaux : face au danger ou contre les coups du sort, il faut faire preuve de courage ; dans les travaux de la paix ou devant la réussite, on doit montrer de la modération, de la modestie, de la douceur^. Voilà que réapparaissent les situations tragiques : bonheur et malheur, et voilà comment on doit se comporter dans l’une et dans l’autre. Dès lors, il est évident que le ressort tragique est brisé : comment éprouver crainte et pitié pour un homme qui domine le danger ? Le sublime remplaçant le tragique, ce qui srubsiste de la tragédie dans la Cité idéale, c’est la louange des dieux et l’hymne héroïque. Ces chants, qui sont en même temps des prières^ mettent les auditeurs en face des divinités qu’ils offrent à leur culte.

Courage et douceur, ces vertus que traduiront les modes musicaux, sont compris dans les devoirs religieux® et régleront les rapports des citoyens entre eux. Or ce sont des vertus proprement dialectiques.

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