Conîr. soc., IV, VIII (p. 427, éd. Halbwachs
RELIGION ET POLITIQUE
pagnons d’esclavage commence par les irriter contre lui, parce qu’il offusque leur vue habituée à l’ombre^ ; Calliclès se révolte contre l’insistance que met Socrate à continuer la discussion et lui reproche d’être « autoritaire
De fait, contrainte et autorité proviennent de la seule vérité ; le dialecticien se contente d’obliger son partenaire à regarder en face cette vérité dès qu’elle surgit au cours de la discussion. Car cette vérité est initialement cachée, loin d’être un savoir fermement possédé et qu’il faille imposer à autrui. Il arrive parfois à Socrate de proposer une thèse^, mais qui n’est qu’un point de départ ; il faut bien que la recherche prenne ün point d’appui^. Or la dialectique est une recherche en commun. Impossible de discuter si l’un des interlocuteurs prétend détenir la vérité et s’il refuse d’emblée d’être réfuté. Il ne s’agit donc pas, comme dans les concours éristiques, d’imposer à l’adversaire par tous les moyens une thèse personnelle, sous peine de « perdre la face ». Il faut que les interlocuteurs libèrent en eux le principe rationnel des servitudes passionnelles, car la raison adhère à la vérité, alors que la passion tient à sa vérité.
La recherche ne peut donc avancer qu’à travers des questions et des réponses. Même l’enseignement le meilleur doit être interrompu, éprouvé, maintenu vivant par des objections ou, tout au moins, par des approbations venant d’une conscience étrangère. Le moindre interlocuteur collabore encore avec Socrate