‹ La religion de PlatonChapitre 148 sur 164 · Cf. Porphyre, Vie de PloUn · texte numérisé non relu

Cf. Porphyre, Vie de PloUn

et, s’il n’y a pas d’interlocuteur, le dialecticien, plutôt que de se perdre dans le discours et dans l’évasion, discutera avec lui-même. Ce n’est pas, avant tout, le savoir qu’on demande à l’interlocuteur, c’est la « douceur » et la « bienveillance », le consentement à la vérité dès que celle-ci se révèle au cours de la recherche commune^.

Cette « bienveillance » n’est pas, selon l’expression moderne, le « respect des opinions d’autrui », ni même de la personne d’autrui. Platon y aurait dénoncé un idéal de lassitude et de misologie. La personnalité, selon Platon, n’est pas le couvert derrière lequel les fausses opinions pourraient délirer à loisir : hanc ueniam damus petimusque uicissim.^ Pourquoi respecter une opinion dont la discussion devra précisément montrer la valeur ou la non-valeur ? Pourquoi respecter une personnalité qui précisément ne découvre sa valeur profonde que dans la mesure où elle s’efface derrière les exigences essentielles^ ? La bienveillance est l’absence de ressentiment envers l’interlocuteur et le souci de ne pas le tenir pour solidaire des puissances affectives qui lui masquent la vérité.

Quant à ces exigences mêmes, ce n’est jamais Socrate qui les impose ; tout son rôle se réduit à prédisposer l’interlocuteur par des arguments, ou par des « incantations », de telle sorte que ces exigences s’imposent à celui-ci. Or, nous l’avons vu, la dialectique n’est pas purement discursive, « scientifique ». Si l’interlocuteur n’est pas « de bonne nature », ce n’est pas

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